‹ Le Roman en prose de Tristan, le roman de Palamède et la compilation de Rusticien de PiseChapitre 49 sur 53 · Seguradcs a été oublié dans les deux mss · texte numérisé non relu

Seguradcs a été oublié dans les deux mss

Triomphe de Meliadus.

Epilo^e de Rusticien.

Sarpedon, qui prennent congé de lui, de retourner seuls en Petite- Bretagne. Les onze compagnons se mettent en route et marchent jusqu'à Maloaut; là se trouve encore Pharamont, guéri des blessures qu'il avait reçues dans sa joute avec Meliadus. Au bout de quatre jours, il part avec les autres, et on arrive en Petite-Bretagne, au château de la Roche noire, où l'on est bien reru par le roi Iloël et sa fille Iseut (Ysabel 355), la femme de Tristan. Lancelot envoie à Arthur et à Guenièvre une lettre dans laquelle il leur annonce que la quête est accomplie et que lui et les camarades viendront les saluer le jour de la Toussaint. Arthur, pour accueillir dignement tant d'illustres héros, réunit tous ses barons à l'occ^ision de la fête , qui arrivera quinze jours plus tard. Au jour nommé, les douze chevaliers viennent à Gamaaioth, où ils sont reçus avec une grande joie. Lorsqu'on va dîner, une demoiselle montée sur une muU» blanche apparaît avec une superbe couronne, qu'Arthur, dit-elle, doit poser sur la tète de celui qui abattit les dix chevaliers devant la Fontaine du Val de Pleur; après ces mots elle disparaît subitement sans rien ajouter. Le roi, mis au fait par Lancelot, va couronner Meliadus, qui olfre à la reine l'insigne qui vient de lui être décerné. Au cinquième (quatrième, 355 j jour, l'éclatante fètc est terminée, et s'en allèrent chascun a sa contrée,

Cy ^ fine (le 355) maislre Rusticien de Pise (son conte 355), en louant et (en 340) regraciant le père (et 340) le filzet le saint esperit et ung mesme DieUj filz de la henoisle vierge Marie, de ce qu'il [que il 340j in a donné grâce, sejis^ force et mémoire^ temps et lieu de me mener a fin de si (donné lieu et temps, force et sens de mener a fin si 340) haulte et si noble matière comme ceste cy^ dont [comme est ceste dont 340) j'ay traicté en mon livf^e de tant de nobles preudeshommes dont j'ay les fais et les proesces récitées et recordees en mon livre (traiclé lez faiz et proessez recitez et recordez a mon livre 355). Et se aucun me demaiidoit pour quoy [en mon livre 340) j'ay parlé de Tristan avant que de son père, le roy Meliadus [avant du r. M.^ son père 3iO), Je respons que ma matière nestoitpas congnei'te; car je ne puis pas sçavoir tout ne mettre toutc\s] mes parolcz par ordre. Et ainsi fine mon conte. Amen, Fin de 355 (ExpHcit le rou(r]man de Meliadus). — 340 (f^ 121 e), à partir des mots je irspons , continue ainsi : que ma matière le requeroit; car je ne puis pas avoir mises toutes mes paroles en ordre pour les intervalles qui avenoient entre deux fais, et pour ce que ccst livre n'est mie proprement d'une seule personne fait, ne il n'est tout de Lancelot du lac, ne il n'est tout de Tristan ne tout du roy Meliadus, ains est de pluscurs hystoires et de pluscurs croniques dont je les ay estraitcs etconpi^ lecs a la requcste du roy Edouart d'Engleterre, sicomme il est contenu au commencement de mon livre. Et cest livre est appelé Meliadus, pour ce que le roy Meliadus fist plus de nobles fais a cellui temps que nuls des autres chevaliers de qui nous avons parlé ^.

1. A cet t^piloguc, imprimé d'nprés 9bb par P. Paris {Mss. fr., Ul, 59), Janot, comme nous avons Yu plus huut (p. 405), substitue un murceau du l'atanièdf, suivi du récit de la délivrauco des prisonniers de Nnbon, comme dans 'Aôb ($} («io, Otl ), et rimprimc tlnit en donnant la mort de Meliadus, empruntée au Ttistun (p. 171).

2. L'épilogue de llustificn est stiivi, dans 3i0, de quelques m(»roeanx tout a fuit isolés de leur contexte. Ce sont d"al>ord les aventures de Marc et de aun neveu pendant leur traversée , copk'es dans le texte des mss. 97, ^VJ, loO (cf. p. 170). Apres avoir reproduit la phrase qai sert <le transition à la rédaction de XM (p. 172), 310 {(" 128 h) passe brusquement aux rendez- vous d'Iseut avec son amant (cf. p. 18ô-i8C) , en donnant, toujours comme 97, etc., leséplsmles suivants du Tristan Jusqu'au f" 20i f, où Lancelot ordonne de bien garder Iseut ({ 341). Le ms.

Ainsi finit, dans les manuscrits do Paris, la compilation fragmon- Remarques sur taire ot incohén^nU» attrihuro à Rusticion dcPise, qui la tramlata, onvi- la compilation ron 1271, d'un manuscrit appartenant au roi Edouard P'' d'Angleterre '^® Husticieu. (voy. lo |)n''aml)ule, § <>'2U;, et cpii, d'après riiyjiotlièse généralement rerue, est identique au rédacteur «les voyages de Marc Pol rf. I*. Paris, M^s. fr., II, .'îj") ss.; Ward, Catalogue, I, 'Mnj,

Avant de terminer, n<uis allons résumer notre opinion sur la masse indigeste figurant dans les mss. de Jlusticien comme la <!ompilation intitulée Mcliadus selon l'épilogue de 3i0 (cf. la ruhritjue du début et l'explicit de 355). Si l'on peut se licM* aux dires du prologue, le modèle du Pisan n'était égal«^m(»nt qu'une conqiilation qui, connue celle (jui nous occupe, débutait par l'épisode «le Hranor; voy. p. 'i'20-7, endroit où est cité pour la dernière fins le livre d'E<louard. Suivant toute probabilité, Uusticien ne s'esl pas borné à transcrire d'un bout à l'autre le ms. du roi d'Anglet«MTe (cf. réj)ilogue) ; il a ,sins doute ajouté du sien, mettant à prolit en même temps les romans en jjrose ordinaires (cf. les j)brases finales de l'épilogue «le 3iO). Mais n«>us n«» saurions détermin«M- la part qui lui revi<'nt «lans b» fouillis d«»s manus«*rits ; le titre de maixtre s(; trouvant le |»lus souvent sans radditi«Mi «lu n«>m de Rusticifu, nous d«»vons même nous «leman«ler si t«'l ou t«*l épis«)«le ne provient pas d'une n''<laction tout autre que l'œuvre du Pisan : les scribes-remanieurs du moyen àg»» ne se gênaient pas pour j«»l«M" j)êlcmêb^ des «lébris «le livres qui ^ composés par «les auteurs «lill*én*nts, «lérivaii'ut des sources onlinaires aux«iu(dl«'s jiuisaient les romanciers, (i'est ainsi «ju'au milieu de nos mss., sauf 141)3, nous voycnis interpolée ])res(jue toute la première partie du roman de Palamè«l(? i^'^^O» P* 432 ss.); personne ne mettra cet énorme morceau, copié «lans le Palamède (texte «le 350) et oIVrant des disparates avec la suite, sur le compte du compilat«'ur, «jui n'aurait pasmanrjué d'a«lapt«»r plus convenablement les emprunts «ju'il faisait à ce roman. Pour la fin de la compilali«)n, voy. § 030 et les notes aux §§ 040, 642.

Quant aux manuscrits, une famille à part est rei)résentée par 1403, duquel s«' rapprochent, ])our certains épisodes, bîs mss. du Trixtan 103 , fv. § 4'i9 «1', 757 («lepuis le {iremier combat contre Lancelot ; cf. § 4S'J; ^réfac«^ p. XVll) et ÎJÎI (v. p. 338; S 0-21 1. 340 va en gén«'»ral avec 355, «lont le io.xW est suivi de jirès «lans 357^, 3478^. Nous figurons donc ainsi le groupement (b's m.ss. de Rusticien :

I ;»40; »ù(>; a57-, ai7H<<

raconte en sîiitc qno Gueniè\Tc a pri-j le voile «ie peur îles fllsde Morilrct (cela est emprunté k la yfort Jt'tu). Une ancienne amie de (hftlet tient compajrnie à la reine, (jui, maiKi'<'.Ia pis<(i>)ii thnit elle se sent t<»ujt»urs |>énétrée |H)ur son amanti lui en veut ilenepas av»)ir vcnjfe l.i murt d'Arthur, l'ne rivale lui ayant fait croire ipie Lancot(»t est int>rt en mer, linfortun-e relifçii-use , qui était déjà malade, ne peut être hiuvit p.ir la nouvelle de l'.irrivée de mm bicn-aime : elle expire m chargeant Sji compagne d'apptirter son c«eur mort au célèbre chevalier, «i:>e, malheureusement, la tllfle amie ne réussit p.is à trouver; (dans Malory, (îuenlévrc ne meurt pas avant «raviur revu Lancclat, i» qui elle adresse nn dernier adieu). Puis 3iU présente le récit de la mort d«; Marc (voy. p. iOU). et finit p^r l'épilogue donné ib., dont la teneur indique suffisamment que les deux derniers épisodes, précédés prol>ahlement du récit de la mort d Arthur, appartiennent à une compilation iDdéi>enilante de celle de Uusticien.

LbSBTH. — Tristan. 30 bis

Les imprimés de Rusticien se rattachent à la famille b (cf. p. 435); les éditeurs ont supprimé, comme on devait s'y attendre, les aventuré! qu'avec le texte de 103 ils avaient déjà données dans leur Tristan (v.

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