‹ Le roman expérimentalChapitre 7 sur 18 · SI · texte numérisé non relu

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êtres avec une intensité de vie admirable. C'est même là sa qualité maîtresse. J'espère qu'on ne le traitera pas de photographe, bien que ses peintures soient ti es exactes. Les gens qui ont fait la naïve découverte que le naturalisme n'était autre chose que de la photographie, comprendrontpeut-être cette foisque. tout on nous piquant de réalité absolue, nous entendons souffler la vie ;\ nos reproductions. De là le style personn(^l,qui est la vie des livres. Si nous refusons l'imagination, dans le sens d'invention surajoutée au vrai, nous mettons toutes nos forces créatrices à donner au vrai sa vie propre, et la besogne n'est pas si commode, puisqu'il y a si peu de romanciers qui aient ce don de la vie.

Je signale des merveilles de description, dans les Sœurs Vatard: la rue de Sèvres, la rue de la Gaieté, tout ce quartier de Montronge si caractéristique, l'atelier de brochure, un bal de barrière, une foire au pain d'épice, des écbuppées sur une gare où manœuvrent des locomotives. Le cadre a la même vérité que les personnages.

Évidemment, on va prétendre que M. Hnysmans insulte le peuple. Je connais l'école politique qui spécule sur le mensonge, ces hommes qui encensent l'ouvrier pour lui voler son vote, qui vivent des plaies auxquelles ils ne veulent pas qu'on touche. Et pourquoi donc ne ferions-nous pas le plein jour, pourquoi n'assainirions-nous pas nos faubourgs ;\ coup de pioche, en y faisant entrer le grand air? Nous avons bien dit hi vérité sur les hautes classes, nous dirons la vérité sur le peuple, pour qu'on s'épouvante, pour qu'on le plaigne et qu'on le soulage. C'est une œuvre d'homraes courageux. Oui, telle est la vérité, une

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grande partie du peiipli' est ainsi. Et tous le savent bien; ils mentent pai- intérêt de boutique, voilà tout. Mais notre mépris est encore plus haut que leur hypocrisie.

Je souhaite à M. Huysmans de se voir traîner dans les ruisseaux de la critique, d'être dénoncé à la police par ses confrères, d'entendre tout le troupeau des envieux et des impuissants hurler sur ses talons. C'est alors qu'il sentira sa force.

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