CHAPITRE VI
CLAIRE D ALBK. — VALEaiE.
Ouvrons maintenant des œuvres qui s'adressaient à un public plus choisi, celles de M^^e Cottiu et de M"»" de Kriidener : nous y trouverons un autre témoignage, moins grossier, plus significatif peut-être, du déséquilibre que la grande tempête sociale venait de jeter dans les âmes. Nous l'y trouverons dans l'expression de l'amour.
M"'eCottin était née en 1770, à Paris. Elle fut élevée sur les bords de la (xaronne, à Tonneins, puis à Bordeaux; aussi ne manque-t-elle jamais d'écrire « j'ai sorti » pour je suis sortie, et « aller promener » pour aller se promener. En 1790, elle fut mariée à un vieillard, à un riche banquier, qui quitta Bordeaux avec elle pour se fixer à Paris. Trois ans après, il se vit dénoncer au club des Jacobins comme aristocrate, et il en éprouva un tel saisissement que le lendemain matin ceux qui venaient pour l'arrêter le trouvèrent mort dans son lit. M'"^ Cottin restait veuve à vingt-trois ans et, de plus, à peu près ruinée ; la Révolution avait mis le désordre dans les affaires de son mari, et après liquidation elle eut tout juste de quoi vivre à Champlan,dans la vallée d'Orsay. M. de Ganaiers(l) arécem-
(1^ V. le Correspondant des 10 et 25 août 1888.
ment publié quelques lettres d'elle qui datent des premières années de son veuvage; elles sont intéressantes. Elles étaient adressées à un vieil ami de sa famille ijui avait pour elle Taffeclion la plus dévouée et qui n'eût pas demandé mieux que de l'épouser, mais qu'elle en tendait maintenir, sans le froisser, dans son t6\i'. d'ami; cela l'orme un petit roman intime et voilé, bien préférable, ce me semble, à ceux qui ont fait sa célébrité. Une âm^ féminine s'y révèle, âme honnête, candide môme, que les horreurs de 93 et ses propres m.ilheurs ont affolée. Jusqu'alors vive et gaie, assure-t-elle, elle vit maintenant dans les larmes et les sombres rêveries. Un enfant la consolerait : elle n'en a pas, et les démarches qu'elle fait pour en adopter un traînent sans aboutir. Elle a dû mettre en vente la maison de campagne qu'elle aimait, et c'a été pour elle un déchirement: « La terre que j'habite, l'arbre qui me couvre, ne sont pour moi ni une terre ni un arbre ordinaires : ce sont des êtres qui me sont chers. » Quelle aspiration à la mort dans ces lettres écrites en toute sincérité I Quels élancements vers
Ce bien idéal que toute âme désire Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour I
« Je ne puis exprimer, écrit-elle, l'espèce de malaise qui me poursuit... je voudrais bien finir d'exister; non, il n'est point d'instants dans la journée où je ne reçusse la mort avec volupté. » — « Il n'est aucun état dans la vie, aucune; situation qui puisse remplir ridée de bonheur que je me fais. Voilà pourquoi l'exislence m'est à charge, voilà pourquoi j'aspire à en être délivrée. La terre n'est plus rien, je me perd.s dans un avenir céleste, je brûle d'y atteindre, je ne
sais qu'un chemin pour y arriver, et je forme des vœux pour qu il me soit ouvert. » Elle avait déjà dans le cœur, celte pauvre M™*' Cottin, le Vallon, le Soir, flsolement, mais il restait à les écrire ; et si elle avait vécu jusqu'en 1820, si elle avait vu paraître les Premières Méditations, elle se fût dit, sans doute, que les poètes sont bien heureux d'exprimer si facilement ce que les autres sentent et ne peuvent rendre.
La plupart des critiques ou des anecdotiers qui ont parlé d'elle ont cédé à la tentation de composer sa biographie avec ses romans. Ils ont dit et répété que, sans être jolie, elle avait inspiré de violentes et funestes passions. Les uns, qui avaient le goût de l'antithèse, ont raconté qu'un jeune homme s'était brûlé la cervelle dans son salon, et qu'un sexagénaire, honteux d'aimer si tard (« passe encor de bâtir »...) s'était empoisonné dans son jardin ; d'autres ont prétendu qu'ellemême s'était tuée à la suite de quelque grand chagrin d'amour : ils n'en ont donné aucune preuve. Sainte- Beuve , que tout son talent n'empêchait pas d'être l'homme des petites insinuations perfides, a dit, dans son article sur Michaud : « Je ne sais s'il a été amant, mais surtout il a été aimé; M"'^ Cottin l'appelait Ferdinand »; et en fait de preuve, il est permis d'estimer que celle-là est un peu faible. Ce qui est plus certain, c'est qu'elle est morte jeune, à trente-sept ans, et qu'avant de mourir elle avait entrepris un grand ouvrage sur « la religion chrétienne prouvée par le sentiment ». Combien étaient-ils alors qui s'efforçaient d'oublier les leçons du xviii* siècle, de retrouver la foi sereine, de rebâtir le Temple? Il y avait des milliers d'âmes exaltées et troublées qui « cherchaient en gémissant ».
M«»e Cottin a publié cinq romans : Claire d'Albe,il29;
AU XIXe SIÈCLE 93
Malvina, mH] Anirlii; Mnmfield, IB02 (I) ; Mathilde ou Mémoires tirés de ihisloire des Croisades, 1805; £.7)'sabelh ou les Exilés de Sibérie, 1806 Ils n'ont eu qu'un succès éphémère, mais un succès des plus vifs, et dont nous avons des preuves ailleurs que dans les lettres ou les mémoires de ses contemporains, ailleurs que dans les pendules Empire dont son Malec Adel était le plus bel ornement. Elle a eu cet honneur et cette infortune que chacun de ses romans a été refait en tout ou en partie par quelque écrivain plus habile qu'elle et qui Ta fait oublier. Claire d'Albe est devenue la Valérie de M™» de Kriidener ; Elisabeth est devenue la Jeune Sibérienne àe\\xs\QT de Maistre. Aben-Ilamet, le « dernier Abencérage » de Chateaubriand, est un second exemplaire de Malec-Adel, le héros musulman dont elle avait chanté les amours dans Mathilde. Amélie Mansfield^ antérieure de cinq ans à Corinne, obsédait la mémoire de M""" de Staël, tandis qu'elle écrivait la seconde partie de son roman ; et quant h Malvina (2), on n'y recontre pas l'ambitieuse et hypocrite M"»* Birton sans
(1) Amélie Mansfield date des derniers jours de 1802 ou des premiers jours de 1803 ; voir plus loin, chapitre vu.
(2; Il existe une analogie singulière entre une page de Malvina et une page à'Alala. Lorsque Chactas apprend qu'Atala va mourir pour n'avoir point voulu manquer à un vœu, il maudit la religion et le Dieu des chrétiens : a Périsse le serment qui m'enlève Atala 1 Périsse le Dieu qui contrarie la nature ! Homme prêtre, crie-t-il au père Aubry, qu'es-tu venu faire dans ces forêts ? — Te sauver, répond d'une voix tonnante le vieux missionnaire, dompter tes passions, et t'empêcher, blasphémateur, d'attirer sur toi la colère céleste ! Il te sied bien, jeune homme à peine entré dans la vie, de te plaindre de tes douleurs ; où sont les marques de tes souffrances ? où sont les injustices que tu as supportées ? où sont tes vertus, qui seules pourraient te donner quelques droits à la plainte ? » etc. Dans Malvina, en entendant sir Edmind, qui se
que la pensée se reporte sur Tambitieuse et hypocrite M™" de Veriion, qui joue dans Delphine un des principaux rôles.
S'il a fallu refaire toutes les œuvres de M"* Coltin, c'est sans doute qu'elles étaient mal faites. Mais enfin, ses thèmes n'auraient pas été repris, et a'vec tant d'empressement, si elle n'avait eu le mérite d'en trouver qui répondissent au goût de son époque. Ce mérite, il est impossible de le lui contester, et nous pouvons apprendre d'elle ce que c'était en matière d'amour et de roman d'amour que le goût Empire.
Au premier regard jeté sur ses romans, sur n'importe lequel de ses romans, on constate que ce goût n'avait rien de très enjoué. Malvina, par exemple, ou Amélie Mansfield sont des drames de passion bien près encore d'être des mélodrames, où s'accumulent les machinations les plus ténébreuses, et où l'emphase du langage n'a d'égale que la violence des sentiments. De malheureux amants sanglotent, crient, rugissent, en un paroxysme de d()uleur et de fureur qui semble appeler la camisole de force La pure, la céleste Malvina vient-elle
croit trahi dans son amour , mettre en doute la bonté de Dieu, l'aumônier Prior lui répondait du même ton : a Et qui es-tu, fils de l'homme, toi qui n'es sorti de la poussière que du jour d'hier, pour élever une voix téméraire contre ton Créateur ? Où sont tes titres pour critiquer l'arrangement de l'univers, toi dont le partage est si fort au-dessus de ce que tes vertus te donnent le droit d'attendre ? » etc. L'analogie n'aurait rien de singulier, si Malvina avait été publiée après Alala., mais c'est l'inverse : Atala a paru au printemps de 1801, au plus tôt en avril, et dès le mois de février la Bibliothèque française de Pougens annonçait la publication de Malvina. Comme il est difBcile d'admettre que Chateaubriand empruntât des tours et des mouvements oratoires à M°>« Cottin, je pense qu'il ne faut voir là qu'une simple rencontre.
de recevoir une lettre qui l'oblige à différer son mariage avec sir Edmond ou peut-être mênne à y renoncer ? N'espérons pas que sir Edmond écoute ses explications, qu'il raisonne et discute avec elle : « Je ne veux rien voir,s'écria-t-il en déchirant lalettre en mille morceaux et repoussant Malvina si brusquement que Miss Clare eut à peine le temps de la recevoir dans ses bras : je ne veux rien voir, rien entendre, rien croire; tout en vous n'est que trahison et perfidie. » Après quoi, il entraine le pauvre aumônier Prior et le force à se battre au pistolet avec lui. Et Malvina pardonne à Edmond, parce qu'il est une âme de feu ; elle-même en est une ; les héros de M™* Cottin sont tous des âmes de feu. Aussi, que de pâmoisons, de meurtres, de suicides ! que de tableaux terrifiants I A la fin d\Amélie Mansfield, M'"^ de Woldemar, — qui s'est toujours opposée à l'union de son fils Ernest et de sa nièce Amélie, sans égard pour leur amour, sans égard pour leurs âmes de feu, et qui par ses refus, ses perfidies, ses persécutions, les a réduits au désespoir, —entre dans la maison où elle sait qu ils viennent de se réfugier. Dès le vestibule, elle est frappée du silence qui règne; elle traverse une chambre où quelques personnes prient à genoux, où d'autres vont et viennent à petit bruit; elle pousse une dernière porte, et soudain, entre deux rangées de flambeaux, elle aperçoit un cercueil : cercueil qui doit être d'une dimension peu commune, car il renferme à la fois le corps d'Ernest et celui d'Amélie. A la fin de Malvina, l'héroïne devient foll», et quand Edmond revient auprès d'elle, c'est pour l'entendre divaguer de la façon la plus déchirante : o Est-ce que vous connaissez Edmond ? lui demande-t-elle... Edmond I... ce nom est partout, coDtinua-t-elle en portant la main à son front ; il me
dévore, ma tête est en feu. Pourquoi m'empcche-t-ou d'aller à lui ? Sans doute il aurait pitié de ma misère ; je lui dirais : mon Edmond, voici ta Malvina qui vient vers toi ; si elle te déplaît, elle s'en ira ; mais regardela une seule fois. » Cela fend le cœur. Cepen<lant Edmou'l, (( dans sa douleurforcenée, mordla terre, poussé des cris, déchire sa poitrine... »
Il semble bien qu'il y ait là une gauche imitation, une involontaire et inconsciente parodie de l'abbé Prévost. Et je ne dis pas que cette première impression soit fausse, mais elle est incomplète. Nous nous en rendrons compte en analysant de plus près un des romans de M">eCotlin, celui qui me paraît le plus cara. térislique de tous : Claire d'Albe.
Claire a vingt-deux ans, son mari en a soixante. Ils vivent près de Tours, dans un château; à peu de distance est une manufacture que M. d'Albe dirige. A leurs côtés vit le jeune Frédéric, fils d'une parente de M. d'Albe. Lorsqu'il est devenu orphelin, M. d'Albe a jur.^ de lui servir de père, si bien que Frédéric est maintenant le compagnon habituel de Claire, et il esta craindre que ses dix-neuf ans ne soient bien exposés à chérir les vingt-deux ans de Claire. Situation qui n'est pas neuve, qui est celle d'un des plus délicats romans de M^ie de Souza, de son Adèle de Sénange ; situation néanmoins très acceptable et qui peut être très intéressante. Voici comment elle est traitée.
Frédéric est aussi vertueux que Claire, aussi beau qu'elle ; une amie de Claire, en le voyant, s'écrie : « C'est la tète d'Antinous sur le corps d'Apollon ! » Le charme de Frédéric est suitout dans sa droiture et sa candeur. « Il a, nous dit Claire, toute la piquante originalité de la nature. » Peut-élre ai:jOurd'hui cet
homme de la nature nous ferail-il simplement l'effet d'un homme assez mal élevé, « Si nous sommes à une porte, continue Glaire, et qu'il soit pressé, il passe le premier. A table, s'il a faim, il prend ce qu'il désire, sans attendre qu'on lui en offre. 11 interroge librement sur tout ce qu'il veut savoir. » S'il prend dans ses bras la petite fille de Claire, qui a quinze ou dix-huit mois, il se hâte de la reposer »i terre en déclarant « qu'elle sent le lait aigre ». Sa franchise, toute spartiale et digne d'un Saint-Just, s'échappe constamment en rudes boutades, et au début il ne se gênait pas pour dire devant Claire à M. d'Albe : « Je vous préfère à votre femme. » Sensible avec cela, sensible à un point qui ne se peut exprimer. Un mot touchant que dit le petit garçon de Claire, le fait pâlir ; il porte la main à son cœur, et murmure: « C'est singulier, cela m'a porté làl » Bref, il semble très charmant à tous ceux qui le voient et l'entendent, et Claire conclut de ses premiers entretiens avec lui : « La vérité n'est pas au fond du puits ; elle est dans le cœur de Frédéric. »
Ce qui devait arriver arrive, et M. d'Albe est inexcusable de n'avoir pas compris que deux êtres aussi parfaits, aussi dignes l'un de l'autre, ne pourraient se connaître sans s'aimer. Mais à ce propos, il y a un petit îompliment à adresser à M™« Cottin, et j'en saisis l'oc- ;asion, n'étant pas certain qu'il s'en doive présenter me autre. Dans son roman, l'amour n'est pas le coup ne foudre, si agaçant et si faux, dont nous parlent resque tous les romanciers. L'amour naît ici comme il laît dans la vie réelle, peu à peu, insensiblement. A )eine Claire et Frédéric se doutent-ils qu'ils aiment, e sentiment qui s'éveille dnna le coBur de la jeûna emmi a« %'f traduit d'ftborU qu'«a v\m vague «I
confuse impressi ii de bonheur ; elle se sent plus gaie, plus vivante, sans savoir d'où vient sa joie ; puis, à mesure qu'elle lit plus clairement dans son cœur, la joie fait place ù, une mélancolie de jour en jour plus lourde.
De son côté, Frédéric est inquiet et sombre. L'idée de tromper son bienfaiteur, l'homme qu'il aime d'une affection toute filiale, ne lui vieni pas un seul instant. Il pourrait, cependant, lui faire quelques reproches. On n'est pas plus maladroit et plus inconsciemment cruel quels bon M. d'Albe qui ne veut jamais que Frédéric quitte Claire d'un pas et qui ne cesse de louer devant lui les perfections de sa femme. De temps en temps, el tandis que Frédéric lutte de son mieux contre l'amoui qui l'airole, M. d'Albe le prend par le bras, se penche à son oreille et lui montrant Claire : « Contemplez bien cette femme, lui dit-il; parée de tous les charmes de la beauté, dans tout l'éclat de la jeunesse, elle s'est retirée à la campagne, seule avec un mari qui pourrai! être son aïeul... » Eh ! Frédéric ne sait que trop hier que Claire est adorable, et c'est ce qui s'appelle prèchei un converti. Il sait, et il dit dans le style propre au Con sulat et à l'Empire, que « la rose humide des larmes d( l'aurore n'a ni la fraîcheur ni l'éclat de ses joues. «Il se sont promis une éternelle et pure amitié; ils se L sont promise « avec ferveur». Mais le destin veut leu perte. Un jour, Claire et son mari courent un graD' péril : ils rencontrent, en se promenant, un taurea furieux qui leur ferait un mauvais parti si Frédéric n'( tait là. Avec une adresse et une vigueur renouvelées d Némorin, car la scène est déjà dans Estelle et Némorh il saisi* le taureau par les cornes et l'arrête. Au retoi d'une si énervante promenade, il se trouve seul av<
Claire ; celte fois, l'aveu qu'il retenait depuis si longtemps sur ses lèvres lui échappe, et l'élrangeté même de ses métaphores atteste la sincérité de son amour: « Dis-moi pourquoi, toi seule as reçu cette âme... ce torrent de charmes et de vertus qui te rendent l'objet de mon idolâtrie », etc.
Alors commence pour eux un supplice nouveau. Ils sont incapables de (aillir; mais ils souffrent, ils pleurent, ilss« tordent les mains ouïes élèvent vers le ciel. Frédéric prend finalement le parti de s'éloigner: il l'eût pris un peu plus tôt que sa vertu nous semblerait plus certaine. Il va chez une amie de Claire et y arrive en pitoyable état : des artères, « comprimées par la violence de la douleur », se sont brisées dans sa poitrine. Claire n'est pas moins malade. M. d'Albe, qui, à la longue, a compris et qui sait tout, se charge de les guérir tois deux, en les trompant. Il écrit à Frédéric que Claire est gaie comme un oiseau, et il fait écrire à Claire que Frédéric songe à épouser une de ses cousines. Tromperie indigne d'eux! remède qui ne peut que hâter leur perte ! Frédéric découvre, par hasard, la feinte ; il apprend que Claire le croit parjure et qu'elle est mourante. Il part tôle nue, il court, il vole ; il arrive en pleine nuit au château, et dans le parc, dans un site désolf, près d'une tombe où le père de Claire est enseveli, il aperçoit sa bien-aimée dont le visage abattu, flétri, porte déjà Tempreinle de la mort. Il est à ses pieds; il lui dit et lui redit cent fois qu'elle a été trompée, qu'il l'aime plus que jamais. Extase ! pleurs de joie! apostrophes au ciel! et la moribonde se laisse aller entre ses bras... Claire est coupable ! la vertu de Claire a péri ! mais Claire ne survivra pas à sa vertu. Dès le lendemain elle expire; voici le convoi qui passe. Et lui, Frédéric, que