LES MARTYRS
Les Martyrs ont été ftubliés en 1809.
Si je disais que l'ouvrage tel qu'il est et dans son ensemble n'est pas d'une lecture ennuyeuse, on ne me croirait pas, et on aurait grandement raison. Il a des défauts bien graves, et qui ne sont que trop apparents.
Son premier défaut est d'être une thèse. Chateaubriand a commencé les Martyrs en 1802, l'année môme où il publiait le Génie du christianisme, et il les a écrits, il le dit dans sa préface, afin d'appuyer d'un exemple les opinions émises dans le Génie, en d'autres termes, afin de prouver la supériorité poétique de la religion chrétienne sur celle des Romains ou des Grecs. La thèse était plus que discutable ; elle choquait le goût de Chateaubriand lui-même, trop grand artiste pour ne point sentir et chérir la beauté de l'art antique tout aussi vivement qu'il sentait et chérissait la poésie de la Bible ou de l'Ëvangile ; et par suite, l'effort visible qu'il se fait pour soutenir sa thèse ajoute encore à l'ennui qu'apporte inévitablement dans une œuvre d'art la préoccupation de démontrer quelque chose.
En second lieu, les Martyrs sont construits selon la