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dit bien ce que la contemplation réfléchie des mœurs italiennes a enseigné à M""® de Staël; elle y a vu le naturel, la bonté vraie, non celle qui est pénétrée de sensiblerie philosophique, non la bonté innocente et puérile qui se donne en attendrissements abondants et en menus bienfaits, mais celle qui déborde du trop-plein d'un cœur riche et spontané. Elle justifle ainsi sa manière impérieuse et généreuse, égoïste et dévouée. Chateaubriand disait de Joubert que c'était un égoïste qui ne pensait qu'aux autres, mais elle, en pensant toujours aux autres, s'imposait toujours. Byron la trouvait bonne d'une bonté de cœur, Caroline Schlegel la trouvait un phénomène « de vie, d'égoïsme et d'activité ». Elle a horreur des petites vertus soigneuses des gens de salon, et elle aime les Italiens parce que « ne perdant aucune force de l'âme dans la société, toutes s'amassent en eux pour la circonstance décisive ». Comme Stendhal, et avant lui, elle est donc frappée de l'énergie, de l'individualisme des Italiens, de 1' « action forte et variée de leur vie », ({u'elle ne distingue pas d'ailleurs, avec ce suuci moral qui l'empêche de jamais donner dans l'esthétisme, de la pure bonté : « Dans un pays où il n'y a pas de société, la bonté naturelle a plus d'influence ». Et Oswald, le représentant de la nation la plus poUcée qui ait été aux regards du XVIIP siècle, n'est plus qu'un homme malheureux et gourmé : « La plupart des caractères vrais sont inconséquents ».
Avec cela, Corinne est une rêveuse, et elle rêve comme une femme du Nord. Au lieu de s'amuser à l'intrigue ou bien au jeu capricieux des formes intellectuelles, sa rêverie, toute chrétienne, l'incline à mieux voir au fond de son âme. Elle n'a pas cette imagination gaie qui peut servir de ressource au cœur; pour elle Tamour ne peut devenir, comme le veut Métastase, l'un des beaux-arts qui embellissent la vie; il est(i) « le secret le plus intime de nos peines ou de notre bonheur ». Si elle joue devant Oswald Roméo et Juliette^ c'est dans un accès de lyrisme où il