Cf. Roy, op. cit.,, p. 188 et suiv
porte guère, ces figures restant imprécises, iEsculan, entre autres, ne se présentant à nous que comme un homme riche chez qui Ton dîne. Mais pour Polyandre on est pressé de savoir si c'est un être inventé ou le portrait d'un contemporain. M. Roy nous a apporté sur ce point une certitude : il a nommé Sarasin, « homprie de lettres et homme d'argent, trésojfier de Caen et poète de ruelles», qui « avait toutes sortes d'esprit, sans compter l'esprit des affaires ^ », Sarasin, ce mondain si fin, si gai, si insinuant, « le second tome de Voiture, dit Sainte-Beuve, mais plus intéressé », ce Sarasin qui devait être plus tard l'intendant de Gonti et son amuseur, que Mlle de Scudéry allait peindre à son tour, avec ce double caractère de « garçon d'esprit et grand intrigueur », peut-être sous le nom d'Alcée dans le Cyrus, en tout cas sous le nom d'Amilcar dans la Clélie. Plus on compare à cet original l'esquisse de Sorel, plus on constate que tous les traits concordent. Il reste donc que le seul personnage important du livre qui donnait une impression de vérité est pris de la réalité même. Sorel n'a eu aucun effort à faire pour en composer les traits, et même sa copie paraît pâle quand on a considéré le modèle.
On voit à quoi se réduit jusqu'ici la valeur réaliste du Polyandre, Il faut se hâter d'arriver à deux épisodes où les prétentions de SoreK sembleront sans doute plus justifiées.
Le premier est l'histoire de deux charlatans associés qui, sous les noms vénérables d'Héliodore. et d'Artephius, exploitent depuis assez longtemps la capitale et le royaume 2. Médecins spagiriques,