‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 113 sur 188 · Ch. I · texte numérisé non relu

Ch. I

allumées comme devant des morts ; bref tout m*apparaissait d'un visage si étranger que, si je ne me fusse retiré de là, je m'allais imaginer de n'être plus en France, tant cela tenait des ceràmesses du Pays-Bas ^. »

Il faut attribuer plus d'importance au Roman salyrique^, où, entre beaucoup d'aventures étranges et incohérentes, DeLannel a reflété avec une certaine exactitude les faces les moins décoratives de la société de son époque. On peut rapprocher ce livre de V Euphormion, et la comparaison s'impose d'autant mieux que les deux écrivains ont eu parfois sous les yeux les mêmes modèles. Mais ici la peinture des mœurs est plus large, plus directe, moins conventionnelle, plus hardie encore, quoiqu'elle ne s'abrite pas derrière le latin.

De ce Jean de Lannel on sait fort peu de chose. Il était de bonne famille, seigneur du Chaintreau et du Ghambort, neveu d'un conseiller du roi^ M. de Hillerin, trésorier général des finances à Poitiers. Il fut de la suite de Charles II de Cossé- Brissac, maréchal de France ; attaché, après 1621, à la maison de Louis de Lorraine. Avec ses autres ouvrages : un recueil de harangues, une Vie de Godefroy de Bouillon^ et le Lis de chasteté, son roman fait un assez singulier contraste.

Si l'on a la patience d'en lire jusqu'au bout les onze cents pages, on est frappé de voir combien il y entre de témoignages intéressants.

Pour éviter des applications trop certaines,

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