II, ch. XXI
sirs ^ ; sur les distractions des étudiants bordelais, sur leurs rapports avec la population de la ville et les paysans d'alentour * ; sur les maraudages des soldats du roi en pays huguenot, dont les récits seraient un vivant commentaire des gravures de Callot sur les « Misères de la guerre ' ». Même sur d'autres pays, sur certains côtés de Taristocratie et de la bourgeoisie anglaises, sur le mouvement et les aspects d'un port norvégien, les Mémoires de Tristan abondent en détails curieux. Mais, encore une fois, cela n'est pas de notre domaine.
Ce que nous pouvons simplement constater, c'est qu'en plus d'un point ces témoignages confirment ceux que nous avons déjà recueillis auprès de Charles Sorel ou dans le Roman satyrique. L'étrange épisode d'un pieux escroc, chercheur de Pierre Philosophale, les folles espérances qu'il laisse au cœur de Tristan font voir une fois de plus quelle prise avaient encore les superstitions les plus absurdes même sur les gens d'esprit *. Sous une apparence de courtoisie et de culture assez raffinée, la noblesse garde encore un fond de grossièreté, de rudesse, de brutalité. Chez le marquis de Villars, beau-fils du célèbre duc de Mayenne, les rieurs prennent un extrême plaisir à faire casser une jambe à un pauvre homme, à épouvanter à tel point un boulanger et une boulangère de village qu'ils songent à abandonner leurs petits enfants et à s'enfuir dans les bois *. Une « demoiselle de Madame, grande fille honnête et douce », se divertit à regarder un chat qu'on gonfle, tout vivant, avec un soufflet :