p. 181, 185. Voir p. 64, 189, 282, etc
geuses résistances, la passion pour le jeu qui devait causer ses pires disgrâces ; montrant plus tard comment la raison, Tamitié luttent en lui contre l'entraînement d'un cœur trop prompt à s'enflammer *. Il écrit sur les effets de l'amour une jolie page, qui n'est pas très neuve, mais dont l'accent paraît sincère, où Ton sent une âme frémissante encore des émotions passées :
I C'est une chose étrange que les sensibilités que donne Tamour, soit pour la Joie ou pour la douleur ; et ceux qui ont vécu sans les ressentir peuvent être accusés avec raison d'être morts stupides. Ce feu subtil et vivifiant éveille les âmes les plus assoupies et subtilise facilement les sentiments les plus grossiers ; dès que Tesprit en est embrasé, il prend une certaine activité qui n'est naturelle qu'à la flamme *,... ■
Ajoutons qu'on discerne déjà chez Tristan les qualités classiques de composition et de choix. Il sait le plus souvent faire le départ entre les précisions utiles et celles qui encombreraient sans profit la narration : « Je ne vous dirai point quelles montagnes je franchis ni quels ruisseaux, je passai avant que de voir cette ville, capitale de l'Ecosse....» — « Je ne m'amuserai point à vous dire ici comme nous fîmes le matelotage.... Je passerai sur toutes ces matières peu nécessaires pour vous dire^.... » Non seulement il dispose adroitement dans chaque récit les préparations et les péripéties, mais il prend aussi le soin d'organiser l'ensemble : à deux reprises au moins, se voyant très avancé dans son histoire, il résume, sous prétexte de rêverie sur le passé, les épisodes antérieurs, pour que le lecteur n'en perde pas le souvenir.