‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 128 sur 188 · Traduction de La Geneste (1633), p. 284 et suiv · texte numérisé non relu

Traduction de La Geneste (1633), p. 284 et suiv

le plus intime, des tissus qui sont alors les plus recherchés, des nuances que Ton aime.

Cette exactitude .n*est malheureusement que documentaire. Elle n'aboutit presque jamais à une représentation pittoresque, parce qu'elle ne comporte aucun choix.

Il faut ajouter d'ailleurs que la prose de Du Bail manque de relief et de fermeté. Et c'est grand dommage ! Il a eu le dessein arrêté d'enrichir d'une œuvre française la série des romans picaresques (il le dit expressément dans sa préface, où il rapproche son livre de Lazarille et de, Guzman). Avec une souplesse assez remarquable chez un homme qui s'était jusque-là exercé dans un genre si différent, il est entré dans leur allure et dans leur esprit : sur tous les points, et même sur les femmes, qu'il avait naguère portées si haut, il s'est rallié à leur philosophie désabusée ^. Il a compris qu'en de telles fictions la variété des aventures ne doit pas servir seulement à amuser, qu'elle est surtout un prétexte pour pénétrer en différents milieux et pour les peindre. Il s'est en effet appliqué à reproduire, sans en trop forcer le caractère, des aspects Visibles ou tristes de la vie ; et comme la vie qu'il connaît et qu'il évoque est la vie provinciale, son observation vient fort à propos compléter celle du parisien Sorel. S'il avait eu le talent d'organiser et de mettre en valeur la matière de cette observation, on compterait parmi les meilleurs essais du réalisme français ce livre, dont le titre annonce des extravagances, dont le fond est pourtant assez solide.

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