Ibid
C'est le plus sot livre que j'aie jamais vu, reprit Roqae. brune, quoiqu'il plaise à quantité de gens d'esprit.
Prenez garde, dit Le Destin, qu'il ne vous déplaise par votre faute, plutôt que par la sienne K
On voit bien là à qui Scarron donne Tavantage et de quel côté il prétend se ranger.
Il est d'ailleurs facile de .discerner dans son roman l'influence de Cervantes et des conteurs picaresques.
Scarron ne doit rien, bien entendu, au Viage eniretenido (1603) d'Agustin de Rojas Villandrando, qu'on a fort mal à propos rapproché du Roman comique. Ce Voyage amusant n'est pas un roman, mais un fragment des Mémoires d'un acteur nomade. A côté de renseignements précis sur la composition des troupes, sur l'organisation matérielle du théâtre, sur les succès de toute nature des comédiens (un peu exagérés, évidemment, par la vanité professionnelle), on y trouve bien quelques accidents de leur vie, des exemples de leurs bons tours, même de leurs indélicatesses *. Mais Scarron n'avait aucun besoin d'aller chercher en Espagne des modèles de la bohème comique : il est impossible de découvrir chez lui la moindre trace d'imitation. La Rancune raconte, il est vrai, qu'il lui est arrivé de jouer une pièce à lui seul : « J'ai fait en même temps le Roi, la Reine et l'Ambassadeur. Je parlais en fausset quand je faisais la Reine ; je parlais du nez pour l'Ambassadeur et me tournais vers ma couronne que je posais sur une chaise, et pour le Roi, je reprenais mon siège, ma couronne et ma gravité et grossissais un peu ma Voix ^. » Il est également question dans le Viage enirelenido d'une sorte