‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 139 sur 188 · I"> partie, ch. iv · texte numérisé non relu

I"> partie, ch. iv

« mon argent contre Roquelaure ; Créqui a tant « gagné; Coaquin court le cerf en Touraine^.» A ces observations Scarron en joint d'autres, plu«; particulières aux gens du cru : ils sont gourmands, ce qui explique qu'ils soient presque tous aussi gras que leurs chapons ^ ; « chiches», avec cela, pour tout ce qui ne touche pas aux plaisirs de la table ' ; badauds, railleurs, mauvais plaisants, volontiers querelleurs, ce qui justifie tant de batailles.

Mais, sauf Ragotin et La Rappinière, les Manceaux ne sont ici que des personnages de fond : au premier plan sont les comédiens, et ce sont leurs mœurs qijie Scarron a étudiées avec le plus de complaisance, parce qu'ils l'intéressaient davantage et que la matière était plus nouvelle. Le Roman comique a été considéré de tout temps, et avec raison, comme une source précieuse de renseignements sur la vie des troupes de campagne.

Celle qui arrive au Mans se présente en assez fâcheux équipage, et elle semble réduite à trois personnes : c'est qu'il a fallu se sauver de Tours en grand désordre, le portier du théâtre ayant commis l'étourderie de tuer un des fusiliers de l'intendant de la province. Mais, lorsque le gros de la compagnie a rejoint son avant-garde, elle se trouve « aussi complète, comme dit Destin, que celle du prince d'Orange ou de son Altesse d'Épemon». Le vieux La Rancune y tient ce qu'on appelle « les utilités» : « Au temps qu'on était réduit aux pièces de Hardy, il jouait en fausset et, sous le masque, les rôles de nourrice ; depuis qu'on commença à mieux faire la comédie, il était le surveillant du portier, jouait

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