partie, ch. v
de dangereuses renéontrès ^, sans parler, bien entendu, des intempéries et des mauvais gîtes. Si incertaine et si dure que soit cette vie, cependant elle attire : des natures distinguées s'y réfugient, lorsque le sort les persécute, comme il arrive pour Destin ; des jeunes gens de bonne famille, comme Léandre, Tadoptent de leur, plein gré, et même se résignent à débuter dans les plus modestes emplois. Léandre est épris, il est vrai, de la comédienne Angélique : mais combien, de condition plus relevée encore, s'engageaient alors dans la même existence par simple amour du théâtre et de Taventure ! N'est-ce pas le temps où les grandes compa^ies s'honoraient de compter dans leurs rangs des gentilshommes comme Floridor, qui était écuyer et sieur de Prinefosse, Beauchasteau, Montfleury, De Villiers, Du Groisy, et tant d'autres qui pour la plupart avaient commencé par la province ?
Scarron ne se contente pas de représenter la vie des comédiens par le dehors : il indique aussi les habitudes, les dispositions qui leur sont communes, par lesquelles se marque en eux l'influence de la profession.
Ils vivent entre eux sur un pied d'égalité parfaite. Destin, orateur et premier rôle de la troupe, ne se croit pas au-dessus du vieux La Rancune, qu'on ne garde que par charité. C'est là un trait que confirme Gougenot : « La condition comique, dit-il, ne connaît point de maîtrise ni de servitude 2», et plus tard Ghappuzeau, dans son Théâtre français : « Les comédiens affectionnent l'état républicain. » Entre des personnes d'extraction et d'éducation si diverses (quelle différence, à ce point de vue, entre