A. Le Breton, le Boman au Xyil* siècle^ p
le voir rougir comme un adolescent lorsqu'un camarade lui parle de M^e de TÉtoile et lui laisse entendre qu'il a deviné son secret.
L'Étoile, Angélique, La Caverne ne sont. que des esquisses assez légères. On peut dire toutefois qu'aucune de ces trois comédiennes n'est indifférente. La vieille actrice, usée par la vie, retrouve, quand le bonheur ou l'honneur de sa fille est en jeu, une sensibilité toute neuve : lorsqu'elle croit qu'Angélique s'est enfuie, sa douleur fait peine à voir, et elle l'exprime sans démonstrations théâtrales, avec une simplicité qui émeut. Angélique et Mil© de rÉtoile se ressemblent par une certaine noblesse d'âme ; Angélique, « née comédienne», ne le cède pas en vraie délicatesse à la demoiselle de condition : on peut s'en rendre compte par les efforts qu'elle fait pour empêcher Léandre de lui sacrifier sa famille et sa fortune ^. Mais Scarron a finement marqué par de petits détails, gestes ou contenances, les différences qu'a mises entre elles la nature et l'éducation. M^ie de l'Étoile est modeste, elle est douce, un peu mélancolique; Angélique est d'une «humeur enjouée et libre», qui l'empêche « d'observer beaucoup de cérémonies» . Exposées toutes deux aux galanteries de la jeunesse dorée du Mans, L'Étoile y résiste par une indifférence distinguée, par une sorte de résignation polie, qui déconcerte et retient ; Angélique, de qui les façons semblent encourager des familiarités un peu vives, s'en délivre « par un coup de pied dans l'os des jambes, un soufflet^ ». Lorsque Ragotin^ se risque à promener sur les blanches