‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 151 sur 188 · II^' partie, ch. xvi · texte numérisé non relu

II^' partie, ch. xvi

quittent ; voyez ensuite en quels termes Léandre raconte sa première séparation d'avec Angélique : a Je ne dis point adieu à Mlle Angélique, sa mère ne la perdant point de vue. Tout ce que je pus faire, ce fut de paraître devant elle, en la voyant partir, le désespoir peint sur le visage et les yeux mouillés de larmes. Un regard triste qu'elle me jeta me pensa faire mourir. Je m'enfermai dans ma chambre : je pleurai le reste du jour et toute la nuit^....»

On a pu remarquer plus haut, en quelques exemples, comment Scarron s'entend à organiser un tal)leau : entrée dans Le Mans de la troupe comique, bagarres formidables où une douzaine de combattants se cramponnent. Il excelle davantage encore dans l'art de conduire un récit, d'en régler le mouvement, d'y mettre les . circonstances en bonne place. On voudrait pouvoir rapporter tout au long la dispute de Ragotin avec le grand La Baguenodière ^, l'admirable « aventure du pot de chambre ^)), dont le comique est irrésistible, ou encore la scène, savamment prolongée, où Destin, rougissant et glacé, se défend contre les entreprises de la terrible Mme Bouvillon, toute frémissante de passion amoureuse en ses «trente quintaux de chair *».

Personne assurément n'aura l'idée de placer le Roman comique parmi ces œuvres maîtresses qui réalisent puissamment une formule d'art et qui l'imposent. C'est, on l'a vu, un roman inachevé, décousu, mal proportionné. L'action y est peu liée

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