‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 156 sur 188 · Bibliothèque française^ p · texte numérisé non relu

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2. Elle a été imprimée seule dans l'été de 1655 et réimprimée, avec les Hypocrites, dans le mois d'octobre de la même année. Dans l'intervalle avait paru une autre traduction du même original faite par D'Ouville et publiée par les soins de son frère Boisrobert. On peut voir les récriminations de Scarron dans l'avis A qui lira en tête de l'édition du 26 octobre.

3. Maria de Zayas y Sotomayor, Novelas amorosas y exemplares, 1.» Parte, Madrid, 1636, in-8.

4. La Hija de Celesiina, por Alonso Geronijno de Salas Barbadillo, Lerida, 1612. in-8.

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réalité, il s'est tenu plus près qu'il ne dit d'un texte qui n'est pas si mauvais. Il a supprimé des pièces de vers, stances ou sonnets, qui n'étaient qu un ornement médiocre, ajouté quelques boutades donne parfois à l'idée un autre tour ; il n'a pas dépasse sensiblement les libertés que commençaient a prendre ses contemporains quand ils habillaient, comme on disait, une œuvre étrangère à la française. On le louerait seulement d'avoir fait passer dans notre langue, avec beaucoup de vivacité et d'esprit, un conte qui n'est qu'amusant, si sa traduction n'avait pas fourni à Molière le thème principal d'une de ses meilleures pièces.

Un homme qui, pour avoir été souvent trompe en amour, arrive à cette conclusion qu il faut se défier de toutes les femmes, « et plus encore des spirituelles que des sottes», qui, par peur des mésaventures conjugales, fait élever la fille qu'il compte épouser dans une parfaite ignorance du monde, entre des servantes et des valets stupides ; qui constate ensuite, à ses dépens, que la plus jalouse earde ne peut rien contt=e, les inclinations naturelles et que la personne la plus bornée est encore celle qui se défend le moins : voilà, en deux mots, le cas deDonPèdre, et c'est bien, à peu près, celui d'Arnolphe. On sait assez ce que Molière a ajoute à ce sujet, quel large intérêt il a prêté à cette histoire comique. Si l'on compare son École des Femmes a la Précaulion inutile, on voit aussi avec quel som il a écarté toute facétie exagérée, par exemple ce récit d'une nuit de noces où la trop simple épousée consent à monter la garde, cuirassée, casquée, la lance en main, auprès du lit de son mari. Scarron, lui, n'avait été nullement choqué par l'invraisemblance de cette farce extrêmement ancienne,

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recueillie déjà par Tauteur des Cent Nouvelles nouvelles (Nouv. XLI) et qui, avant d'arriver à Maria de Zayas, avait fait beaucoup de chemin. On ne voit pas qu'il ait rien fait pour rapprocher la nouvelle espagnole de la vérité : il a laissé ce mérite à plus grand que lui.

Ce qui prouve que c'est lui du moms^ et non point D'Ouville, qui a été ici Tinte rmédiaire, c'est que Molière a fait égalenyent son profit du conte imprimé après la Précaulion inutile dans le petit volume de 1655 et reproduit encore à sa suite dans les éditions collectives de 1657 et de 1661.

Qui a pu mettre entre les mains de Scarron le petit roman de Salas Barbadillo, bien inconnu en France jusque-là, la Fille de la Célesiinel Est-ce Gabart de Villermont, son commensal à l'Hôtel de Troyes, qui s'est vanté dans une note manuscrite de lui avoir fourni les modèles espagnols de toutes ses nouvelles, y compris celles du Roman comique'! En tout cas, il ne pouvait mieux choisir. Sans doute « l'ingénieuse Hélène » ne saurait être égalée à la mère Célestine, l'incomparable vieille de Salamanque^. Mais Barbadillo a ramassé très heureusement dans ce récit d'une centaine de pages ce qu'on avait inventé de mieux en son temps comme fourberies ; il y a concentré en quelque sorte l'essence du picarisme, et il y a ajouté, vraisemblablement de son fonds, un chapitre qui est assez beau.

Hélène vient d'arriver à Séville en compagnie de la duègne Mendez et d'un certain Montufar, qui la protège et qui vit d'elle. A peine installé, le trio commence à jouer la comédie de la dévotion. Les

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