‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 158 sur 188 · TARTUFFE · texte numérisé non relu

TARTUFFE

Laissez-'é en paix. S'il faut, à deux genoux, Vous demander sa grâce....

ORQON, à Tcœlufje.

Hélas I vous nioquez-vous?

Coquin I vois sa bonté ^... •

C'est dans les deux cas la même manœuvre, avec cette différence toutefois, dont il n'est pas besoin de souligner l'importance, que pour Montufar elle n'est qu'un artifice brusquement improvisé, que pour Tartuffe, au contraire, elle est justement" la défense qu'on attend de lui, celle qui répond le mieux à cette seconde nature qu'il s'est faite, un

moyen peut-être déjà éprouvé dont il use avec assurance.

Scarron n'a pas seulement le mérite d'avoir mis à la disposition de Molière une idée dont il a tiré une de ses scèneslesplus fortes, il a fait connaître en France une des meilleures de « ces petites histoires » espagnoles dont il disait dans le Roman comique qu'elles étaient « bien plus à notre usage» que le grand roman ; il a parfaitement discerné et apprécié ce qu'elle contenait de vérité, et il n'a pas manqué d'avertir le lecteur que, moins « enjouée » que la Précaution inutile, elle avait l'avantage de ne pas ressembler « à un conte de Peau d'd/îe», que pour cela il en faisait plus de cas. Enfin par ce titre qu'il lui a donné : les Hypocrites, il a bien voulu attirer l'attention sur ce qui en était l'épisode le plus original et le plus solidement construit.

On peut louer encore le tour alerte qu'il "a donné au récit. Mais, encore une fois, il a suivi de près Barbadillo, qui est d'ailleurs bon écrivain, dont la prose est claire et savoureuse. Il s'est contenté d'ajoutey quelques détails pour préciser une image ou, plus souvent, pour expliquer ; il a abrégé aussi en certains endroits et spécialement il a écarté tout ce qui lui semblait marqué d'une couleur trop espagnole. Mais en définitive il ne s'est vraiment séparé du texte que dans la dernière page pour substituer une conclusion romanesque au dénouement logique qui lui avait paru trop cruel. Depuis qu'on a découvert les originaux, qu'il s'était peu soucié de désigner ^, on ne peut plus croire à la sincérité des Dédicaces où il offrait chacune de ses

1. Sauf le premier, qu'il n'avait pu cacher quand avait paru la traduction de D'Ouville.

Nouvelles comme un fruit de son travail et de son inspiration ^.

Gela donc doit peu compter à côté du Roman comique.

1. Voir, par exemple, VÉpître au marquis de Marcllly, en tête de V Adultère innocent

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