CHAPITRE XIII
Neuf années seulement séparent le Roman bourgeois ^ de la seconde partie du Roman comique. Mais ce sont des années qui comptent.
1657, c'était le lendemain de la Fronde, le temps encore mêlé où fleurissaient côte à côte, dans la vie, au théâtre ou dans les livres, l'héroïsme aventureux, la fantaisie turbulente, le précieux, le burlesque, le réalisn:\e comique d'un Scarron, le réalisme épique ou lyrique d'un Golletet, d'un Saint-Amant. En 1666, toute la France a les yeux sur la jeune Cour ; l'unité se fait dans les lettres et dans l'art, comme dans le royaume. Les idées, le goût se disciplinent ; partout s'impose un idéal nouveau, sérieux et noble, fait de mesure, de politesse, de simplicité élégante, fondé sur le respect de l'ordre et sur la raison. Avec ses parties de romanesque, de grotesque trivial, d'observation familière, le Roman comique répondait assez bien à la confusion de son époque. Il y. a dans le roman de Furetière je ne sais quoi qui détonne :