‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 162 sur 188 · T. II, p · texte numérisé non relu

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fin la sienne s ; rinélégance des allusions désobligeantes et trop directes à des personnes encore en vie ou mortes depuis peu, àBenserade, à Boisrobert, à ce Pierre de Montmaur dont il semblait pourtant que trente ans de moqueries auraient dû épuiser le ridicule, à Ninon de Lenclos, à Mlle de Scudéry et à son chaste commerce avec Pellisson, grand amour a à la platonique», comme dit Tallemant, où tout se passait en billets galants, impromptus, madrigaux et chansons.

Rien enfin ne pouvait paraître, en 1666, plus démodé, plus contraire au bon usage que cette interminable et brutale diatribe contre Charles Sorel, qui tient déjà trop de place dans le commencement du Roman bourgeois et qui en remplit presque toute la fin. Quelques années auparavant, Furetière s'était brouillé avec Sorel, pour des vétilles : il s'acharne ici après lui avec une méchanceté fort vilaine, particulièrement déplaisante dans un livre où l'influence de Sorel est manifeste et où l'on relève tant de souvenirs de ses livres ^. Taille courte et ramassée, mine de satyre, peau bourgeonnée et « grenue comme celle des maroquins », nez démesuré, « qu'on pouvait à bon droit appeler Son Éminence et qui était toujours vêtu de rouge », une bouche largement fendue, armée de dents fort aiguës : «belles dispositions pour mordre», des yeux gros et bouffis, à fleur de tête, que la nature semblait avoir mis ainsi « en dehors pour découvrir ce qui se faisait de mal chez les voisins », une humeur peu complaisante et peu civile, une médisance et une envie perpétuelles, une haine générale du genre humain, un besoin déréglé de faire partout

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