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8. Il y est fait aHusioh à la mort récente du lieutenant criminel Tardieu et de sa femme, assassinés au mois d'août de 1665. On sait que Boileau, pour ne pas chagriner « une fille qui. après tout, avait beaucoup de mérite», ne consentit à publier ce dialogue qu'après la mort de Mlle de Scudéry. La première édition complète est de 1713«
Il est intéressant de voir les deux amis soutenir à la même heure, le même combat, porter ensemble sur le terrain littéraire la campagne qu'avait déjà entreprise Molière, lorsque, dans les Précieuses ridicules^ il ridiculisait la Carte de Tendre ou parodiait le Grand Cyrus, mais qu'il avait plutôt dirigée du côté de la morale, faisant voir principalement comment des lectures trop romanesques peuvent à deux sottes tourner la tête et gâter le cœur.
Le Roman bourgeois n'est pas seulement la satire des Cléopâlres ou des Arlamènes, il en est constamment la contre-partie.
Il est court. Aucune trace de « cet enchaînement d'intrigue» qui altère la vérité en en cousant les morceaux «avec du fil de roman ^)). Le sujet est simple et terre à terre : c'est une de ces pièces «sans pompe et sans appareil», «qui se jouent chez le bourgeois avec un simple paravent ^ ». Les personnages sont de petites gens, dont les noms n'ont rien d'héroïque, Pancrace, Nicodème, Jean Bedout, Javotte, Philippotte ou Laurence. Leurs soucis et leurs occupations sont vulgaires, leurs sentiments sans beauté. Ici toute la vie ne se concentre pas sur l'amour : il y a place aussi pour la haine, la chicane et « les autres passions qui agitent l'esprit bourgeois ^». L'amour même, source ailleurs de tant d'orages, principe de tant d'illustres infortunes, est ici, à l'ordinaire, tout uni et réglé : fort platement, comme dit Magdelon, il en vient «de but en blanc à l'union conjugale». Les liaisons irrégulières apparaissent aussi prosaïques que les autres ; elles ne promettent pas des voluptés bien