Roman bourgeois : Avertissement au lecteur
4. G. Reynier, les Origines du roman réaliste, ch. xti ((es Gueux dans la littérature française)é
semblables », aura le droit d'affirmer que « les personnes de mérite et de condition » leur (( servent de sujet autant que les gens de basse ; ' étoffe ^)). L'esprit du Francion est bourgeois ; mais
/-» H les bourgeois n'y sont qu'au second plan, les
paysans, les aventuriers au troisième : Francion est de famille noble, il a des sentiments et des goûts aristocratiques ; un grand seigneur le protège ; ses amis, Français ou Italiens, sont, pour la plupart, des gentilshommes. Dans le Berger extravagant, c'est une compagnie de gens du monde qui s'amuse de Lysis, Polyandre est homme du monde aussi, ainsi que Néophile. Les comédiens du Roman comique sont d'une profession assez misérable, mais sympathique : ni Destin, ni Léandre, ni leurs maîtresses, ni la vieille La Caverne n'ont l'âme basse. Les personnages de Furetière ont des situations bien établies, lucratives; ils sont considérés dans leur quartier. Le roman de mœurs prétend ainsi se relever en dignité.
D'autre part, l'observation. s'y concentre. En ce sens, le progrès est continu. L'action se déplace beaucoup dans le Francion, dans le Roman salyrique, dans le Gascon extravagant ; sensiblement moins dans la Chrysolite ; plus du tout dans le Polyandre. L'essentiel du Roman comique tient dans la ville du Mans et dans les chemins d'alentour. Le Roman bourgeois est le roman de la place Maubert.
Les incidents fortuits, l'aventure, perdent en même temps de leur importance. Sorel, dans son dernier roman, et Furetière en arrivent à supprimer l'intrigue, enchaînement factice, qui détourne l'attention du réel : à peine subsiste-t-il dans