‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 180 sur 188 · Histoire d'Alcionide, de Tisandre et de Thrasybule · texte numérisé non relu

Histoire d'Alcionide, de Tisandre et de Thrasybule

l'âge classique. 365

sacrifiant à l'honneur l'avenir de son amour, sa fierté d'épouse Jusque-là insoupçonnée, le bonheur enfin d'un mari qui ne se consolera pas. Rien de plus cornélien encore que l'effort que fait ce mari pour ne pas rester au-dessous d'elle, que ce transport généreux qui élève au même niveau les belles âmes. Rien de moins cornélien, il est vrai, que la façon simple et retenue dont ces grands sentiments s'expriment.

L'auteur des Lettres sur le sujet de la Princesse de Clèves, Valincour, jugea cet épisode émouvant, mais peu raisonnable. Bussy le trouva « extravagant» : lorsqu'on fait, écrivaitril, une histoire à plaisir, «il est ridicule de donner à son héroïne un sentiment si extraordinaire ^ ». Valincour était de la génération nouvelle ; Bussy, qui était de l'ancienne, n'avait pas, comme on sait, le cœur très haut placé : on s'explique leur résistance. Ce qui surprend davantage, c'est que Mme de Sévigné se soit ralliée là-dessus à l'opinion de son cousin : on aime à croire qu'elle ne l'a fait qu'en apparence et par envie de lui plaire.

« Si nous nous mêlions, vous et moi, lui écrivait encore Bussy, de composer ou de corriger une petite histoire, je suis assuré que nous ferions penser et dire aux principaux personnages des choses plus naturelles 2. » Il affirmé de plus d'un passage qu'il «n'est pas vraisemblable et sent le roman». C'est sur cette question du naturel et de la vraisemblance que porte presque toute sa critique, et aussi celle de Valincour. C'est par là que la Princesse de C lèves a pu paraître, à une époque devenue à cet égard plus difficile, une œuvre d'une inspiration

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