‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 182 sur 188 · Réflexions diverses, Xy m eilX · texte numérisé non relu

Réflexions diverses, Xy m eilX

l'âge classique. 369

Ainsi ce roman du devoir et du sacrifice aboutit à une conclusion désenchantée. Les qualités les plus rares, les sentiments les plus délicats n'assurent pas le bonheur ; ce sont, au contraire, des supériorités qui s'expient. Des âmes d'élite, après s'être soulevées aux plus hauts sommets, redescendent insensiblement, sans éclat, au niveau des autres hommes. On se fait souffrir, on meurt ou on se sépare : tout finit dans le deuil et dans la désillusion.

On a discuté avec ardeur cette œuvre originale, «on se mangeait» sur elle, dit Mme de la Fayette, on a écrit sur elle de longues dissertations. Mais elle n'a pas eu d'influence réelle ; on a souvent essayé de l'imiter, on n'en a pas approché : elle reste unique. Pendant longtemps d'ailleurs ceux qui l'ont aimée se sont plu à y voir surtout des exemples de loyauté, de bravoure, de noble fierté, et non pas les limites que « la divine raison » de l'auteur fixait à l'effort et au pouvoir des plus belles volontés humaines.

Tandis que le genre romanesque, les deux grands courants rompus, se disperse en des directions diverses, bien au-dessus de lui la grande littérature classique poursuit son développement harmonieux. Rarement on a vu plus parfait accord des écrivains et du public, du moins du public qui compte, et cet accord s'est fait en partie sur l'idée que le roman de mœurs de l'époque précédente n'avait pas su faire prévaloir. « Il n'y a pas de beauté sans vérité », voilà le principe que Sorel avait formulé vingt fois et auquel il s'était soumis dans les meilleures parties de ses livres :

Rien n'est beau que le vrai,...

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dit Boileau. a II ne faut pas », dit la Fontaine, Quitter la nature d'un pas.

« Il faut de Tagréable et du réel, écrit Pascal, mais il faut que cet agréable soit lui-même pris du vrai.» «L'art n'est autre chose, écrit Saint- Évremond, qu'une imitation de la nature....» La nature est « admirable partout ^ ».

Mais cette nature, qu'on recommande ainsi de prendre pour modèle, on reconnaît maintenant qu'il est nécessaire de la rendre « aimable», comme dit Boileau : elle n'est que la matière brute à laquelle une imitation artistique doit ajouter de l'agrément et du prix.

A cette condition, le «serpent» même ou le « monstre odieux » pourra plaire. Toutefois, et c'est là qu'on se sépare le plus des romanciers réalistes, on s'accorde à penser qu'entre tant de sujets qui s'olïrent il est bon que la raison fasse un choix.

Et ce choix de plus en plus se limite. En suivant le goût de l'époque, on va d'un consentement presque universel vers ce qui prête aux fines analyses, vers l'étude et la peinture des sentiments humains. L'homme même ne paraît tout àtaitdigne d'attention que si on le prend dans ce degré supérieur qu'est la vie de société. Plus de gueux, de coureurs de routes, plus de basse canaille, comme on en voyait chez Sorel ou dans le Gascon extravagant :

Étudiez la Cour et connaissez la Ville,

voilà le conseil de Boileau.

En ce champ d'observation déjà réduit on

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