‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 23 sur 188 · Il* partie, ch. lxxhi · texte numérisé non relu

Il* partie, ch. lxxhi

qui s'accommode de tous les changements de fof*tune.

Ajoutons qu'on rencontre dans ce livre une peinture de la société espagnole presque aussi complète que celle que nous ont offerte les romans picaresques. Des gens de toute condition y défilent sous nos yeux : le grand seigneur prodigue et fastueux, à qui il faut, tous les jours, des distractions nouvelles, embarrassé d'ailleurs dans ses affaires, obligé d'emprunter à gros intérêts ; le pauvre hidalgo, dissimulant tant bien que mal sa misère, « mettant son honneur au régime, mangeant mal, mais à porte close »; la triste duègne, meuble indispensable des grandes maisons, toute pleine de grâces minaudières et de pudeurs hypocrites, aigrie par les humiliations journalières, perfide, médisante, chargée de racune et de venin ; le magistrat toujours ignorant, le plus souvent avide, chez qui, quand par hasard il est honnête, le formalisme étouffe l'équité; le médecin tyrannique et obstiné, «bourreau de la république»... et, pour finir, toute la catégorie des errants, vivant au jour le jour de leurs petits métiers, depuis les âniers jusqu'aux comédiens ambulants et aux montreurs de marionnettes. Cette description est à peine chargée ; elle a une valeur de document : on a pu écrire une étude très solide sur «l'Espagne du Don Quichotte^)).

Le Don Quichotte est contemporain des grands romans picaresques ; il est un peu, comme eux, un roman de la grande route : on voit qu'il s'en rapproche par plus d'un côté. Sur un point très important il les complète.

\Le roman picaresque ne nous montre guère qu'une

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