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« Sur ce sujet, répond Don Quichotte, il y a beaucoup à dire : Dieu sait 841 y a ou non une Dulcinée en ce monde, si elle est fantastique ou réelle : ce sont de ces choses qu*il ne faut pas vérifier de trop près. Je n*ai ni engendré ni enfanté ma maîtresse, mais je la vois et la contemplé avec toutes les qualités qui peuvent embellir une dame et la rendre fameuse parmi toutes celles de la terre ^. » Il est donc très possible que ce soit de son plein gré qu'il s'obstine-à prendre, comme dit Sancho, le noir pour le blanc et le blanc pour le noir. I! s'arrange de son mieux pour prolonger autant qu'il le peut une extase délicieuse. Il la continue jusqu'à l'heure où, désarmé par le Chevalier de la Blanche Lune, dépossédé par lui de son privilège, il est bien forcé d'ouvrir les yeux à la clarté du jour. En se redressant après sa rude chute, il s'écrie : « Ici est tombé mon bonheur pour ne se relever jamais. » Un chevalier qui s'est montré inférieur à sa tâche n'a plus le droit de se dévouer. Ce qu'il représentait ne devait pas être vaincu. Sa douleur le réveille, et ce réveil est mortel.
Tandis qu'il regagne lentement son village, il ose à peine regarder autour de lui, tant le monde, désormais vide des chimères dont son imagination l'avait peuplé, lui paraît désolé et morne. A l'entrée du paysj il entend, de la bouche d'un enfant, ces mots qui lui paraissent un sinistre présage : « Tu ne la reverras plus, ni de ta vie ni de tes jours.» Tu ne la verras plus, la beauté claire et pure de ta Dulcinée ; tu l'as perdue pour jamais, l'illusion divine qui était ta lumière et ton invincible armure. A quoi bon vivre, alors? « Menez-moi au lit, dit-il, en