‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 28 sur 188 · Il" partie, ch. vil · texte numérisé non relu

Il" partie, ch. vil

des occupations les plus nobles : les armes et les lettres, de T amour, dii mariage, du bonheur des hommes qui passe « comme l'ombre et comme le songe», de la justice, de la bonté, des devoirs des grands de ce monde envers leurs frères inférieurs, et de tout cela av^ç' une justesse et une mesure qui émerveillent tous ceux qui Técoutent et qui font dire à Sancho : « Je m'imaginais en mon âme qu'il n'était ferré que sur ses chevaliers ; mais il n'y a pas une chose où il ne puisse piquer sa fourchette ^. »

Il y a là plus qu'une interprétation de la vie, il y a la vie elle-même, présentée sous ses deux aspects : la réalité et le rêve. Tous les deux ne sont-ils pas également les formes essentielles de toute existence ? L'idéal qu'on entrevoit et qu'on poursuit, l'espoir généreux qui soulève, ne peuventils pas être, autant que les mobiles intéresses, des principes d'énergie? Ne constituent-ils pas une sorte d'activité' supérieure qui à son reflet même dans les actions communes et qui est toute la noblesse de l'être humain?

C'est cela que Don Quichotte représente et qui ne s'avilit pas en sa personne, puisque, honni et berné, il reste moralement intact. Intellectuellement même, il n'est que partiellement atteint : son hallucination admise, personne ne raisonne mieux que lui ; le chanoine admire, « en tout ce qu'il dit et répond, une intelligence parfaite». Ce visionnaire, qui n'a « l'esprit tourné » que sur le chapitre de la chevalerie, est-il autant qu'on l'a dit en dehors de rhumàriité? N'est-ce pas le fait de bien des gens de perdre la notion du possible

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