Deuxième Journée
4. Mémoires- Journaux, particulièrement des jeudis 3 et 10 septembre 1609.
5. La première édition est de 1625 ; il y en a d'autres de 1636, 1639, 1664, 1666, 1709. Vingt ans après, dans sa comédie, Vln- Irifjiic fies filous (1647), qu'il dédie spirituellement au capitaine
Les œuvres étrangères en frange. 11
un peu, on s'intéresse à ces réfractaires : le P. Garassus, dans sa Doctrine curieuse, reprend, comme un signe de libertinage, l'habitude qu'on a de s'amuser «des histoires de gueuserie i».
Faut-il donc s'étonner "qu'on ait aimé à trouver dans les romans venus d'Espagne des aventuriers assez pareils à ceux dont on suivait les évolutions avec une sympathie inquiète, des « tours de souplesse» très semblables à ceux dont on était journellement menacé et même des moyens de s'en prémunir, comme l'annonce Chapelain en tête de sa traduction de Guzman d'Alfarache ?
Ces raisons expliquent en partie la faveur ayec laquelle ils ont été d'abord accueillis par le gros public. Leurs vrais mérites leur ont assuré un succès plus durable et leur ont valu des sympathies plus flatteuses. Les témoignages de Chapelain 2, de Sorel, de Scarron, pour ne citer que les plus décisifs, l'exemple d'Arnauld d'Andilly ^, nous prouvent que les meilleurs esprits en ont goûté de bonne heure et en ont goûté longtemps la parfaite vraisemblance, le ton familier, le juste coloris, la franchise maligne ou ingénue. La plupart de nos romans de mœurs portent la marque de leur influence, et ils ont rendu aux auteurs français cet autre service de préparer le public à les apprécier.
Les œuvres de Cervantes ont pénétré chez nous à peu près dans le même temps. La traduction qu'ontfaite des Nouvelles F. de Rosset et D' Audiguier
du guet de Paris, Claude de Lestoille porte sur la scène des stratagèmes d'escrocs et des fourberies de receleurs.