Imprimées en
8. Traduction de Jean Bérault (1640), p. 192 4. Ihid*, p. 539.
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82 LE ROMAN RÉALISTE AU XYIl^ SIÈCLE.
produits par une pipe de « petun » sur le nez et la gorge d'un puritain anglais. Ce ne sont pas ces détails brutaux qui peuvent conapenser la banalité de Tobsei^vation, les invraisemblances choquantes, celles surtout qu'impose sans cesse le travestissement antique.
Barclay prétend rapporter des aventures modernes avec assez de précision pour qu'on en puisse reconnaître les héros ; mais, pour donner à sa fiction un air plus latin, il reproduit tout ce qu'il peut des coutumes et des usages de la vieille Rome : de là un perpétuel désaccord, qui fausse le sens de tout. Il arrive qu'à bout de ressources et n'ayant pu payer son écot au cabaret, Euphormion (c'est-àdire Barclay^) est forcé d'entrer comme domestique dans la maison d'un prince de Lorraine : cette résolution devient autrement grave si, la transposant dans le monde ancien, on imagine qu'il « se vend comme esclave » : le voilà condamné pour toujours à un dur servage ; s'il essaie de s'enfuir, il sera traqué par les archers.
Les allusions sont souvent pour nous bien obscures et ne devaient pas toujours être claires même pour les premiers lecteurs. Il faut être averti que « les philosophes », ce sont les moines, qu'un « poimenarque » est un cardinal, que Géphyre, c'est le pape et « le temple de la Fortune », le Louvre. Quelles sont ces étranges contrées : Icoléon^ Scolimorrhodia, et ces princes : Aquilius, Clesfandrii^ Protagon ? La Hollande, la Grande-Bretagne ; l'empereur Rodolphe, le roi d'Angleterre, Henri IV, nous disent les clefs. Mais tes clefs ne sont pas toujours d'accord ou hésitent (car les descriptions ou signa-