‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 38 sur 188 · I. IV, se. VI · texte numérisé non relu

I. IV, se. VI

LE RÉALISME BOURGEOIS VERS 1620. 9r5

des pages où l'inspiration ne manque pas d'originalité, où la matière s'élargit et touche à des questions graves. Ils ont interprété assez fidèlement et assez fortement les dispositions de la bourgeoisie de leur temps, sa conception de la vie, ses doléances, ses rancunes.

De Claude d'Esternod il n'y a pas beaucoup à dire : son Espadon satirique ^ est surtout rempli de stances libertines. Il est noble d'ailleurs, mais il appartient à cette pauvre noblesse provinciale, voisine du Tiers État et qui a avec lui plus d'un intérêt commun. Retenu dans sa petite ville par une charge modeste, il regarde, lui aussi, d'un mauvais œil cette cohue de nouveaux courtisans qui, au temps de Goncini et de Luynes, se sont rués vers la capitale à l'assaut des charges et des pensions :

L'on ne fait rien pour rien, et pour Todeur du gain Le manœuvre subtil prend Toutil à la main.

Mais vous, guêpes de Cour, gloutonnes sans pareilles, Vous mangez le travail et le" miel des abeilles Et ne ruchez jamais ni d'été ni d'hiver '.

On peut aussi, à la rigueur, négliger Du Lorens C'est un bourgeois cependant, un magistrat de village (d'abord avocat à Chartres, il a fini sa vie comme bailli et président à Châteauneuf-en-Thimerais, près de Dreux) ; avec les gens de sa classe, il maudit les financiers, les mauvais conseillers du roi :

Ces harpies encor, dont la faim ne s'apaise

De notre sang plus pur qu'ils sucent comme lait '.

Page 1