UAmbition de certains courtisans nouveaux venus
3. Les Satires du sieur du Lorens divisées en deux livres, Paris, J. Villery, 1624, in-8. [Les éditions suivantes (1633 et 1646) donnent Tune seize, l'autre vingt-six satires différentes de celleslà.] — Satire I, Au Roi.
IMi LE ROMAN RÉALISTE AU XVII^ SIÈCLE.
Il dit beaucoup de mal des femmes et du mariage :
Qui prend femme se vend, il se donne, il s'engage, Il se met au carcan, il se livre aux voleurs.... Au lieu de se moucher, il s'arrache le nez ^..
Il s'incline devant la puissance de l'argent :
L'argent donne les moeurs, la grâce et la façon. Tout le reste sans lui ne sert d'une chanson *.
Mais, en général, le fond de son développement est plutôt fait de lieux communs f le luxe de la ville et la simplicité des champs, l'hypocrisie, l'avarice, les portraits du plaideur, du pédant et du parasite ; même lorsque son sentiment paraît sincère, il s'exprime trop souvent à l'aide de souvenirs livresques et d'images convenues.
Au contraire, dans les satires groupées par J, Auvray, avocat de Rouen, en son Banquet des Muses *, l'accent est presque toujours personnel. Le ton est âpre, passionné ; l'exagération est manifeste : mais la critique est précise, elle porte juste, elle atteint les vices les plus inquiétants de l'organisation sociale.
Si la France est « abîmée dans ses corruptions », c'est que tout s'y achète, même les sentences :
La Justice est en Dieu, Jutice est donc Dieu même, Et qui Justice vend, il vend son Dieu suprême *.
« Oiseaux de proie aux ongles ravissants », les trésoriers et receveurs « crèvent engraissés dans