Snfire I
les deniers royaux». Il faut faire rendre gorge aux « monopoleurs »,
Usuriers, publicains, péagers, gabeleurs, Fermiers, raaletôtiers et forgeurs d'avisoires, Stymphalides oiseaux qui de leurs griffes noires De notre bon Phinée empoisonnent les mets.
Abîmes de l'État, qui n'emplissent jamais.
Chancres dévore-peuple, éponges altérées, Ne serez-vous jamais jusqu'au sang pressurées * ?
Quel fond peut faire le roi sur sa noblesse? D'un côté de grands seigneurs, fauteurs de désordres ^ ; de l'autre, une jeunesse écervelée, chargée de clinquant, folle de luxe, consumant son temps en plaisirs futiles :
Piaffer en un bal, gausser, dire sornettes.
Se faire chicaner tous les jours pour ses dettes, Savoir guérir la gale à quelques chiens courants, Mené.' levrette en laisse, assommer paysan ^>... Être toujours botté, en casaque, en roupille, Battre du pied la terre en roussin qu'on étrille. Marcher en Dom Rodrigue et sous gorge rouler Quelques airs de Guédron, mentir, dissimuler... Sont les perfections dont aujourd'hui se couvre La noblesse française ^....
Que le prince agisse sans elle et, s'il le faut, contre elle. Il en est temps :
Abolissez le luxe et toutes les bombances *,
Relevez la moralité publique :
Biffez de votre état ces poètes infâmes,
Ces rabobelineurs de missives d'amour.
Ces Pétrarques transis, cerveaux percés à jour,
Courratiers de Cypris, maquignons d'amouretles.