‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 41 sur 188 · Satire des Nonpareils · texte numérisé non relu

Satire des Nonpareils

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A peu près à la même date, un autre Normand, Thomas Sonnet de Courval, médecin de Vire, fait entendre des protestations très semblables inspirées par le même esprit. Nous avons déjà cité sa Ménippée contre les femmes, diatribe brutale de carabin, peu convaincue d'ailleurs, puisqu'il se maria après Tavoir donnée au libraire. Ses cinq satires sont une suite de réquisitoires contre les ecclésiastiques simoniaques qui, «pour trente deniers », vendent « le sang du Crucifix », contre la vénalité des charges qui fait asseoir « en ces sièges d'honneur», parmi les fleurs de lis :

des ignorants sortis de race basse,...

De méchants usuriers, larrons pécunieux.

Que d'iniquités par suite et que de scandales !

Sous ce roquet fourré et robe d'écarlate, Un gros âne est caché qui se mire et se flatte *.

Mêmes traits contre les financiers, éternels objets de la haine et de la jalousie populaires :

De leurs biens et grandeurs T argile et le mortier Est détrempé du sang du pauvre roturier.

Dans une longue description, qui tourne un peu trop à rénumération et au catalogue, mais qui renseigne bien sur le décor d'une vie opulente de ce temps, Courval Sonnet passe en revue toutes les satisfactions flatteuses et délicates que peut s'offrir un receveur général ou un partisan, élevé en une nuit, « comme champignon » ; superbes bâtiments rivalisant avec Saint-Germain et avec le Louvre,

Tapisserie de soie à fond d'or cannelée.

Ciels de lit de drap d'or ou de toile d'argent. Courtines de velours couvertes de clinquant,

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