‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 5 sur 188 · II* partie, llv. III, ch. v · texte numérisé non relu

II* partie, llv. III, ch. v

de Mateo Aleman marque un progrès sensible du réalisme. Son sous-titre n*est pas trompeur : Aialaya de la vida ; c'est bien en effet « uii observatoire de la vie ». Ce qu'on en découvre n'est assurément pas le plus bel aspect de l'humanité. L'auteur remarque lui-même que sa matière est « basse et commune» ; mais, dans le monde très mêlé qu'il s'est proposé de peindre, chacun se comporte de la façon la plus vraisemblable et la plus naturelle selon son éducation, selon ses instincts et aussi suivant l'occasion. Gomme l'a remarqué Chapelain, il n'y a là «ni grands accidents, ni événements inopinés » : rien qui ne soit très possible, rien de «ce qu'on appelle le merveilleux ^» ; les besoins de Guzman expliquent ses vices, ses vices justifient celles de ses disgrâces qui ne sont pas le fait du mauvais sort.

Dans la pensée d'Aleman, ces tableaux médiocres et ces constatations positives s'opposent bien certainement à l'optimisme naïf des romans chevaleresques et des pastorales. Dans un curieux passage, qui n'a pas été encore signalé, quelques semaines avant l'apparition du Don Quichotte, ne s'est-il pas très vivement élevé contre les amoureuses inventions de la Diane de Montemayor, contre le romanesque extravagant de Pierre de Provence, d'Amadis, de Bélianis et d'Esplandian, contre l'égarement des hommes et des femmes qui, à force de rêver autour d'un idéal chimérique, perdent le sens de la réalité ^7

Peu de romans ont été plus vite et plus généralement appréciés. On a compté qu'en sept ans on

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