Addition à VAuerlLssemeni de la seconde partie
2. Guzman d'Alfarache, II« partie, liv. III, ch. m. Le privilège de cette seconde partie est du 7 septembre 1604 ; celui de la première partie du Don Quiclioile est du 26 septembre de la même année.
GUZMAN d'aLFARACHE. 31
avait donné de Guzman d'Alfarache vingt-cinq éditions authentiques, sans compter les (îontrefaçons, qu'on en avait débité pour le moins cinquante mille exemplaires.^ Dès le début du xvii® siècle, il a été traduit, et plusieurs fois, dans presque toutes les langues, en français, en italien, en portugais, en allemand, en anglais, en hollandais, en latin. Son influence s'est ainsi étendue très loin, et elle s'est maintenue longtemps. En Espagne particulièrement, il a été le type sur lequel se sont plus ou moins modelés les autres récits picaresques.
A quelques exceptions près, ces récits s'imposent à l'attention plutôt par leur nombre que par leur valeur, et d'abprd ils ne s'écartent guère de la foimule que le succès de Guzman avait consacrée.
L'imitation est manifeste dans la Justine ^ de Francisco de Ubeda,dans la Fille de la Célestine^de Salas Barbadillo, d'où Scarron a plus tard tiré la nouvelle des Hypocrites, dans le Pedro de Urdemalas du même auteur. Le Marcos de Obregon ^, de Vicente Espinel, est accompagné, comme Guzman, d'un bon nombre de moralités inutiles. On a beaucoup parié jadis de ce roman, du temps où l'on croyait que Lesage en avait tiré son Gil Blas; mais le seul fait qu'on ait pu le croire prouve que peu de gens l'avaient lu. Ce qu'il y a de plus intéressant dans les souvenirs de ce maître de guitare, c'est qu'ils ressemblent singulièrement à ceux que l'auteur avait dû conserver de sa propre
1. Libro de entrelenimienio de la Picara Justina, Médina del Campo, 1605, in-4.