LK ROMAN RÉALISTE
sieurs deses autres œuvres, dans la Science des choses corporelles, dans deux passages très importants de la Bibliothèque française *, par la complaisance avec laquelle il s'étend sur Francion, par son application à le défendre et à l'excuser, même quand il le répudie? Ne se trahit-il pas, dans le roman lui-même, soit qu'il y introduise des développements tirés de ses écrits antérieurs, soit qu'il avoue, dans une page du XI® livre, où il se confond tout à fait avec son héros, qu'il a commencé cette histoire « à l'âge de dix-huit ans », ce qui de lui se trouve exact et ne saurait s'appliquer le moins du monde à Nicolas Moulinet?
Une autre question, plus sérieuse, c'est celle de ce qu'on pourrait appeler l'évolution du roman.
Francion a paru en trois fois. Sept livres, qui correspondent effectivement aux huit premiers livres des éditions postérieures, ont été mis en vente, en 1623, chez le libraire Pierre Billaine. En 1626, Sorel en a donné une seconde édition, considérablement augmentée (onze livres, en quatre tomes) et où le premier texte était sensiblement modifié. Enfin la Conclusion de VHisioire comique de Francion a été imprimée en 1633, d'abord isolément, puis à la fin d'une édition encore revue et désormais complète, dont elle est devenue le XII® livre. On ne peut étudier ici avec la précision qui conviendrait les changements qu'a ainsi subis l'ouvrage : il importe du moins d'en indiquer l'esprit et la direction.
Il y avait dans le Francion de 1623 beaucoup de choses capables, comme dira plus tard Sorel ^