‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 57 sur 188 · Bibliothèque française^ p · texte numérisé non relu

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LE FRANCION DE CHARLES SOREL. i:\\

« d'offenser les âmes pures », des passages licencieux, même obscènes, et par-dessus tout des opinions libertines touchant- de pi;ès à Tathéisme. Francion y parlait à mots couverts, distinctement cependant, de sa « nouvelle philosophie », qu'il essayait de semer parmi ses compagnons de plaisir, à laquelle quelques-uns prenaient goût et qui n'était mal accueillie que «des barbares et des stupides 1». Dès 1626, le plus gros de l'ordure disparaît, et des tendances irréligieuses il ne reste plus de trace. On en devine bien la raison. Sorel n'est pas devenu plus chaste en cet espace de trois années, on le voit trop par ce qu'il laisse. Il ne semble pas non plus qu'en si peu de temps il y ait eu un progrès réel de la moralité publique. Mais en avril 1623, presque en même temps que le premier Francion, avaient paru « les vers sales et profanes » du Parnasse des Poètes satyriques et de sa seconde partie, la Quintessence saiyrique ; au mois d'août de la même année, Théophile, rendu responsable de tout le scandale, avait été condamné par con- .tumace, brûlé en effigie, et la Doctrine curieuse du père jésuite François Garassus avait soulevé violemment l'opinion contre les maximes et les mœurs des libertins, des « athéistes », des « veaux de la bande des beaux esprits » ; d'octobre 1623 au 1er septembre 1625, on avait suivi avec un intérêt passionné le second procès de Théophile, qui s'était terminé par un arrêt de bannissement 2. Sorel n'était pas homme à s'exposer à ces «flammes de Sodome» qu'appelait Garassus sur les « livres impudiques» et sur leurs auteurs; il ne s'est cru qu'à

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