‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 60 sur 188 · Ire partie, liv. II, ch. viii · texte numérisé non relu

Ire partie, liv. II, ch. viii

rappelle encore, au moins dans les livres les plus intéressants, par sa forme autobiographique. La destinée de Francion, comme celle des plus notables picaros, est faite d'alternatives de chances et de revers, également inattendus : « Il n'y a pas longtemps, dit-il quelque part, que j'étais couvert d'habillements somptueux, et maintenant j'ai une cape de pèlerin ; je couchais sous les lambris dorés des^ châteaux, et je ne couche plus qu'aux fossés, sans aucun toit^....» Il donne là une assez juste idée de l'instabilité de sa fortune et des contrastes dont sa vie est pleine. A ces caprices du sort 11 oppose une fermeté, une résignation souriante, très dignes d'un Lazarille ou d'un Guzman : « Mon âme, dit-il, est si forte qu'elle repousse facilement toute sorte d'ennuis»; et plus loin : «Un remède contre le mal, c'est d'avoir de la patience, dont je suis. Dieu merci, mieux fourni que de pistoles '^ » Il a encore un peu de la vanité des héros picaresques et, sur la question de l'amour, beaucoup de leur scepticisme. On rencontre dans le Francion, comme chez Aleman et ses imitateurs, un bon nombre d'incidents déroute, d'aventures d'auberges, de lits partagés, de bagarres : « Ils se saisirent au corps, s'égratignèrent, se mordirent et se renversèrent à terre, où ils se firent si beaux garçons qu'ils avaient chacun les yeux pochés au beurre noir, et tout le reste du visage comme du taffetas de la Chine, rouge, bleu et jaune ^...)) Tout comme l'auteur de Guzman d^ Alfarache, Sorel s'attarde aux descriptions de la vie des écoliers, aux récits de farces d'étudiants. Enfin, aussi bien que lui, moins lon-

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