‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 62 sur 188 · De la connaissance des bons livres, p · texte numérisé non relu

De la connaissance des bons livres, p

LE FRANCION DE CHARLES SOREL. iM

gentilhomme qui a vécu, il est vrai, dans la débauche, mais qui a toujours fait voir «beaucoup de marques d'esprit et de générosité'^».

Son Francion est en effet d'une excellente famille. Nous sommes avertis que « la race de son père était des plus nobles et des plus anciennes », que ce père avait montré sa vaillance pour le service de son prince et passé les plus belles de ses années auprès des grands. Il vit lui-même en homme de qualité, sauf en quelques moments de détresse passagère. 11 a les talents qui conviennent à sa classe, il en a le courage (il fait bonne figure sur le terrain), il en a aussi les préjugés. Dès l'âge le plus tendre, «je ne sais quel instinct» l'incite « a, haïr les actions basses, les paroles sottes et les façons niaises de ses compagnons d'école», qui ne sont « que les enfants des sujets de son père, nourris grossièrement sous leurs cases champêtres ^ ». Plus tard il méprise « les viles conditions », « la communication . des personnes ignorantes » ; il reproche à un de ses protecteurs d'aller s'amuser à « danser sous Vormiau, les dimanches, avec le compère Piarre et le sire Lucrin^». Sa fierté se révolte à l'idée d'un mariage bourgeois : « J'avais, dit-il, le courage trop haut pour m'abaisser tant que de prendre à femme la fille d'un simple avocat *. » Ses goûts sont raffinés : il attache un grand prix à l'élégance de l'ajustement ; il réduit ses frais de table pour pouvoir se faire tailler « un habit de taffetas colombin, avec la petite soie bleue ^^ » ; il recherche les assemblées où il peut

1. La plupart de ces expressions sont tirées de la critique du Francion qu'on lit dans la Bibliothèque française de Sorel, p. 176.

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