‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 64 sur 188 · T. II, p · texte numérisé non relu

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un aventurier se distinguait assez du reste des \

hommes par l'emploi qu'il faisait de son activité. Mêlé à beaucoup de jeunes gens de sa classe et partageant leur vie, sans rien accomplir d'extraordinaire ni en bien ni en mal, un gentilhomme comme Francion ne pouvait intéresser si Ton ne voyait en lui que des traits communs à cette condition et à cet âge : de la fierté, de la vanité, des caprices, le goût du plaisir. Sorel a été conduit à détacher sa physionomie par quelques signes plus particuliers.

Nous avons signalé chez lui une délicatesse de goût qui lui est propre et qui se manifeste surtout dans les choses de l'amour. Il est beaucoup plus intelligent et plus cultivé que ses compagnons, et la plupart reconnaissent sa supériorité : il est « grandement savant », parle « extrêmement bien et écrit encore mieux» ; « il compose en vers et en prose ^». Il médite volontiers, aux heures de loisir, et la sereine constance, qu'on a déjà notée, est peut-être un des fruits de sa philosophie. Il ne dédaigne pas les satisfactions de la réalité, mais il leur préfère celles du rêve : « J'aime bien Lauretto, dit-il, et serai bien aise de jouir d'elle ; mais... toujours la belle Diane, la parfaite Flore, l'attrayante Bélise, la gentille lanthe, l'incomparable Marphise, et une infinité d'autres se viennent représenter à mon imagination, avec tous les appas qu'elles possèdent, et ceux encore que, possible, elles ne possèdent pas 2.)) H dit encore : «J'ai plus de désirs qu'il n'y a de grains de sable en la mer : c'est pourquoi je crains grandement que je n'aie jamais de repos. » Il se fait une réputation

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