‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 69 sur 188 · T. I, p. ans · texte numérisé non relu

T. I, p. ans

proche où Gaston même, frère du roi, allait instituer un « conseil de vauriennerie ». Sorel cite de bons gentilshommes qui vont dans les cabarets populaires « boire dedans une savate, où ils jettent du fromage, du suif de chandelle et d'autres honnêtes ingrédients^». Le premier protecteur de Francion, Glérante, s'amuse à se déguiser en joueur de cymbale et, se mêlant à une noce villageoise, il y contrefait Fivrogne «très naïvement». C'est encore une galanterie de courir les rues, la nuit, en compagnie des voleurs et des tire-laines 2. A la suite du comte de Gramail et du comte de Marcilly, qui lui ont fourni sans doute les principaux traits de Glérante, Sorel a dû explorer les bas-fonds de la bohème parisienne, pratiquer le monde^ des courtisanes, des entremetteuses, des aventuriers qui les protègent, des sergents qui les exploitent. Sur ce chapitre, il prête à son Francion Texpérience la plus étendue ; surtout il nous fait profiter de celle d'Agathe, personnage un peu répugnant, mais solidement composé et qui, même après Célestine, Macette et tant d'horribles vieilles du Parnasse saiyriqiie, reste encore original.

Ayant vécu, tout le long de son existence, directement ou indirectement de l'amour, soit dans le rang des filles, soit dans celui des « mères », elle connaît tous les secrets de la corporation. Elle sait comment il faut attirer les hommes et les piquer, pour les retenir, tantôt par « un dédain », tantôt par «un trait de gausserie», comment l'on peut faire payer des dettes criardes, enlever d'un doigt, en manière de badinage, une bague qu'on ne rendra pas, se faire passer pour une

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