‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 72 sur 188 · T. II, p · texte numérisé non relu

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Gela fait une gamme de tons très étendue à laquelle seule pouvait suffire une langue d'une grande richesse. Sorel ne dit que la vérité quand il écrit : a Je pense que dedans ce livre on pourra trouver la langue française tout entière ^. »

Pour conclure, malgré des imperfections diverses, la première partie, au moins, du Francion reste, parmi nos anciens romans de mœurs, un des plus intéressants et des plus complets, le meilleur peut-être avant Gil Bios. On a. vu avec quelle liberté Sorel acclimate chez nous et transpose le genre picaresque, s'inspirant de ses procédés sans s'y asservir, conament il arrive à esquisser au moins un caractère, combien son observation est large et combien, dans le commencement, elle est sincère, puisqu'il ne prétend peindre que ce qu'il a vu de ses yeux. Une malveillance assez générale, une disposition à la bouffonnerie l'ont porté à certaines exagérations. Du moins les préoccupations de moralité, qui se sont accentuées dans les remaniements successifs, n'ont jamais affaibli sérieusement la valeur de son réalisme. Nulle part on ne voit qu'il ait arrangé les faits pour faire triompher une thèse vertueuse.

Ce réalisme du Francion est parfaitement voulu . Sorel ne manque pas une occasion d'opposer le roman tel qu'il le conçoit, c'est-à-dire «entièrement vraisemblable », soit aux nouvelles mondaines d'un Nervèze ou d'un Des Escuteaux, qu'il renvoie aux laquais et aux filles de chambre 2, soit aux histoires chevaleresques dont les écoliers peuvent seuls aimer les « horribles chaplis de géants, dcchi-

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