Paris, 1609, iii
3. Conclusion du Berger extravagant, — Cf. t. I, p. 614 (IV* livre)
la façon dont ils les réalisent, comiques encore par Tobstination avec laquelle ils s'attachent à leur erreur, en dépit de leurs mésaventures. Lysis a une Charité, comme Don Quichotte une Dulcinée et, comme Don Quichotte a Sancho, il a son valet Carmelin, qui, lui aussi, tantôt cède et tantôt résiste aux suggestions de son maître, qui sème à tort et à travers les citations, comme Sançho sème les proverbes. Au curé, au barbier, ces fidèles amis de r Ingénieux Hidalgo, correspond le cousin Adrian qui exerce sur Lysis une sorte de tutelle, essaie à plusieurs reprises de le ramener à la maison et entame, à son tour, une virulente critique de ces « fatras de livres que Ton appelle des romans^ ». Pareillement il a commencé par jeter au feu toute la bibliothèque de son pupille. Les hobereaux champenois, qui s'amusent si longuement de la folie de Lysis, font naturellement penser au duc, à la duchesse, à leur cour de gentilshommes, qui tirent du Chevalier errant tant de distractions variées et soumettent à tant d'étonnantes épreuves et la bravoure du maître et la raison de l'écuyer 2. Lorsque Lysis, équipé de façon grotesque, enfermé dans un carrosse hermétiquement clos, se croit emporté dans l'espace vers le palais mystérieux où gémit la belle Rhodogine, lorsqu'ayant combattu des mannequins dans une cave, il rapporte de son expédition des récits d'admirables prouesses ^, l'imitation est encore plus précise et rappelle tout à la fois le fameux cheval de bois, le départ pour le royaume de Candaya*, la bataille