Don Quichotte, I" partie, ch. vi
sence, tu loueras la fermeté en amour.... Bon Dieu que nous mènerons une bonne vie ^î...»
Charles Sorel avait lu ce passage dans la traduction de F. de Rosset, imprimée dès 1618, et en 1627 il ne l'avait pas oublié, puisqu'il y fait allusion dans son IV® livre 2. Ne trouvait-il pas là tout adapté le thème de son roman comique? Le plan de vie de Lysis, si innocent, si peu compliqué, ne tient-il pas en ces quelques lignes?
La meilleure source de plaisanterie de toute l'histoire, Tamusant contraste si souvent repris entre les bergers idéalisés de la fiction pastorale et les bergers brutaux de la réalité, il est possible encore que Cervantes l'ait indiquée : dans les Nouvelles exemplaires, qu'il avait, nous le savons, pratiquées, Sorel n'avait-il pas eu sous les yeux le passage du Dialogue des chiens y oix Berganza oppose si fortement les manières des vrais gardiens de moutons à celles des pasteurs des « fables bocagères » ?
Le Berger extravagant ne paraît donc très original ni dans la conception générale ni dans les procédés. Y a-t-il là, au moins, comme dans \e Don Quichotte , des descriptions pittoresques, des tableaux de la vie contemporaine, des caractères, un peu enfin d'humanité? Il faut, hélas ! reconnaître qu'évidemment inférieur pour l'art et pour la qualité de l'esprit, Sorel ne se relève guère par la valeur de l'observation.
L'histoire sans doute est localisée : les premières scènes se passent à Saint-Cloud, les suivantes dans la vallée du Morin, entre Coulommiers et Sézanne. Ainsi Sorel a choisi des endroits qui lui étaient