‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 81 sur 188 · Cf. Roy, la Vie et les Œuvres de Ch. Sorel, p · texte numérisé non relu

Cf. Roy, la Vie et les Œuvres de Ch. Sorel, p

chose que son trafic », il n'entend rien aux billevesées de la littérature à la mode. Ces livres-là soi^t peutêtre bons pour « ces hobereaux qui n'ont rien à faire tout le long du jour qu'à piquer un coffre ^ dans une^ antichambre » : ils ne valent rien aux fils dès bourgeois ; la lecture de ceux-là devrait être « les Ordonnances royaux ou la Civilité puérile, et la Patience de Grisélidis, pour se réjouir aux jours gras» ; s'ils apprennent des vers, que ce soient les Quatrains de Pybrac ou les Tablettes de Mathieu, pour les venir dire quelquefois au bout de la table, quand il y aura compagnie ^.

Adrian n'a pas moins d'antipathie pour le théâtre. Il méprise la profession de comédien, comme un métier qui sort de l'ordre. Les discours langoureux que ces gens débitent ne sauraient s'accorder avec l'honnête et simple idée qu'il se fait de l'amour et du mariage : il ne suffit pas, dit-il, d'aimer une femnae, il faut encore être capable de lui assurer une existence honorable ; les grandes passions durent peu; deux bonnes volontés qui s'accordent sont une meilleure garantie de bonheur : « Si une main lave l'autre, et si toutes deux lavent le visage, de même un mari et une femme s'entr'aident mutuellement, et après peuvent servir ensemble à toute leur lignée ^. »

1. ■ Cela veut dire attendre assis sur un coffre.» {Dictionnaire de Richelet.)

2. T. I, p. 27, 28. Sainte-Beuve a déjà remarqué, et après lui M. Roy, que Molière s'est souvenu de ce passage dans la première scène de Sganarelle :

Jetez-moi dans le feu tous ces méchants écrits Qui gâtent tous les jours tant de jeunes esprits. Lisez-moi comme il faut, au lieu de ces sornettes, Les Quatrains de Pybrac et les doctes Tablettes Du conseiller Mathieu, ouvrage de valeur Et plein de beaux dictons à réciter par cœur.

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