‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 83 sur 188 · T. I» p. 68 et suiv · texte numérisé non relu

T. I» p. 68 et suiv

Pour donner une idée de la dévotion amoureuse de Lysis, c'était assez peut-être de lui faire baiser une pierre que Charité a touchée : mais Ton rira bien davantage — du moins Sorel le suppose — si cette pierre est le rebord d'une fenêtre, si pour Tatteiridre le berger est obligé de dresser une échelle, d'y monter, si l'échelle bascule, si Lysis, en trébuchant, se barbouille le nez «dans une écuelle pleine de sang qu'un barbier avait posée là après avoir saigné le matin la servante de la maison», si tombant sur le sol, tout éclaboussé, il est pris pour un assassin par des gens qui passent.

Par une contradiction singulière, cet indigeste roman, où l'action et les personnages se tiennent généralement si loin de la vérité, est celui où les principes et la théorie du réalisme se sont affirmés avec le plus d'insistance, sous la forme la plus rigoureuse, la plus étroite, la plus absolue.

Non seulement Sorel s'y est appliqué, avec une obstination fatigante, à ridiculiser toutes les données, tous les incidents connus ou oubliés des œuvres d'imagination, mais, ne se contentant pas de cette critique indirecte, il les a cent fois attaquées directement, et dans le texte et dans les longues remarques qu'il y a jointes ; enfin dans une véhémente diatribe, qu'il fait prononcer à Clarimond ^, il a repris et resserré tous ses arguments : e'est un vrai réquisitoire, relativement ordonné, où apparaît plus clairement qu'ailleurs le caractère de sa critique.

Il démolit d'abord le vieux roman d'Héliodore, « sur lequel se sont formés tous les autres », l'ancêtre de cette fâcheuse lignée; il démolit les Amours de

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