‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 84 sur 188 · T. II, p · texte numérisé non relu

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Daphnis et Chloé, puis, passant aux fictions modernes, la Diane de Montemayor, VArcadie de Sidney, les Bergeries de Juliette d'OUénix du Montsacré, VAsirée, que son succès désigne spécialement à sa colère, VArgenis, le Lysandre et Caliste de D'Audiguier, la Polyxène du sieur de Molière, dont la vogue ne peut s'expliquer que par «un certain hasard qui règne dessus les livres d'amour...». Les histoires de chevaleries ne seraient pas épargnées davantage : mais à quoi bon s'acharner contre « des monstres » que « Ton a déjà vaincus» ?

Après les romans, qui sont « proprement une poésie en prose », c'est la poésie elle-même qui a son tour. Homère, Virgile, Ovide sont traites avec une étrange irrévérence, comparable à celle d'un Ogier ou d'un Théophile et qui fait prévoir, on l'a remarqué ^, l'audace des « Modernes ». Le poème de l'Arioste est « rempli d'inventions absurdes » ; l'auteur de la Jérusalem délivrée a « fait une fable de notre histoire » et il l'a faite « avec impertinence ». Parmi les Français, Pontus de Tyard, Baïf, Desportes, Du Bartas sont censurés en plus d'un endroit ; mais c'est surtout contre Ronsard que Sorel se déchaîne, parce que c'est « le plus célèbre poète» qui ait jamais été en notre pays, parce qu'il a encore, à cette date, un très grand nombre d'admirateurs : « Que l'on voie ses Sonnets, ses Poèmes et ses Élégies, tout est plein d'absurdités antiques... » ; l'on peut en dire autant, de sa Franciade^ dont le héros ne ferait pas trois pas « que ce ne fût par le commandement d'un dieu » : sept pages du Discours de Clarimond, vingt pages encore de remarques suffisent à peine à Sorel pour exhaler sa bile

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