‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 87 sur 188 · T. II, p · texte numérisé non relu

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égratigné Tesprit, la pointe de vos traits m'a bien piqué et le pied de votre mépris a bien marché sur celui de ma persévérance^....»

Dans une représentation en plein air dont les bords du Morin forment la décoration et qui met en scène les conquérants de la Toison d'Or, chacun des acteurs improvisés se charge de parodier un des procédés courants du style précieux : Tun prend les allusions et les équivoques, un autre les figures, un autre les hyperboles *.

Enfin Sorel a inventé, ou cru inventer, un admirable moyen de discréditer à tout jamais les métaphores et les similitudes chères aux poètes et aux amoureux, c'est de prendre au pied de la lettre toutes celles qui touchent à la beauté féminine et de montrer le bel effet d'un visage composé d'allégories réaUsées. C'est Anselme qu'il a chargé de jouer ce « petit tour de malice ingénieuse » :

Suivant ce que le Berger lui avait dit de la beauté de sa maîtresse, imitant les extravagantes descriptions des poètes, il avait dépeint un visage qui, au lieu d'être de couleur de chair, avait un teint blanc comme neige. Il y avait deux branches de corail à l'ouverture de la bouche, et à chaque joue un lis et une rose croisés Tun sur l'autre. En la place où devaient être les yeux, on n'y voyait ni blanc ni prunelle : il y avait deux soleils qui jetaient des rayons.... Les sourcils étaient noirs comme ébène et étaient faits en forme de deux arcs où le peintre n'avait pas même oublié de mettre des poignées par le milieu, afin que l'on les reconnût mieux.... Les cheveux... pendaient comme des lignes avecque l'hameçon au bout... il y avait quantité de cœurs qui étaient pris à l'amorce 3....

Enchanté de son invention, Sorel a tenu à faire

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