Cf. E. Roy, Ch, Sorel, I'« partie, ch. v, et II» partie
LK ROMAK RÉALISTE 13
moder aux divers personnages» qu'on meten scène ^. « Je trouve, dira Molière, qu'il est bien plus aisé de se guinder sur de grands sentiments... que d'entrer comme il faut dans le ridicule des hommes.... Lorsque vous peignez des héros, vous faites ce que vous voulez,... vous n'avez qu'à suivre les traits d'une imagination qui se donne l'essor et qui souvent laisse le vrai pour attraper le merveilleux. Mais lorsque vous peignez les hommes, il faut peindre d'après nature 2.» — Si une villageoise chante « une chanson à danser qui est la plus commune et la plus mal faite de toutes», les ignorants seuls peuvent le trouver mauvais : cela est «à propos», dit Sorel, elle n'en doitpas chanter de plusagréable *. Des sots se sont moqués du style d'Adrian : a Ils croyaient que c'était l'auteur du livre qui parlait ainsi et le prenaient pour un homme qui se donnait la peine d'écrire des choses fort plates. Ils ne savaient pas qu'en des narrations comiques il faut faire parler chaque personnage selon sa portée *. » Ces déclarations ne font-elles pas penser encore à celle de Molière justifiant, dans la Critique de V École des Femmes^ une boutade d'Arnolphe : « L'auteur n'a pas mis cela pour être de soi un bon mot, mais seulement pour une chose qui caractérise l'homme?» Lorsque Sorel ajoute que dans son roman il y a, « outre son style général, plus de vingt styles particuliers», autant qu'il y a d'acteurs, et qu'il caractérise parla la condition etl'humeurde chacun ^, assurément sa prétention n'est guère justifiée : cela est vrai de la' comédie de Molière, non du Berger