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LE BERGER EXTRAVAGANT. a 95
extravagant II lui reste du moins le mérite d'avoir voulu ce qu'il n'a su réaliser, d'avoir tracé un programme que d'autres ont eu l'honneur de remplir.
Il s'en faut certes de beaucoup que Sorel ait obtenu le succès immédiat et précis qu'il espérait. Le Berger extravagant a été imprimé ^ssez régulièrement pendant une vingtaine d'années : mais il a rencontré toutes sortes de résistances. On comprend sans peine que la partie la plus relevée du public ait mal accueilli une œuvre qui allait si fort contre ses goûts. Mais les lecteurs même de sa classe, que Sorel pouvait croire en majorité favorables, il ne semble pas qu'il les ait entièrement satisfaits. Il avoue que l'histoire du berger Lysis n'a pas été « en l'estime de tout le monde », que « des gens de toute sorte de qualités» lui ont préféré « quelque chétif roman». On n'a pas compris ses intentions véritables et que c'était là une chose dont il fallait tirer plus de profit |que de délectation. On n'a voulu y voir qu'une bouffonnerie faite pour donner à rire, et beaucoup ont été si sots qu'ils n'ont m^me pas ri ^.
Il ne semble pas non plus que des résultats sensibles aient pu le consoler de ces « jugements bourrus ». Nous ne remarquons pas que la production romanesque se soit ralentie après 1628 ; la réflexion de Dorimant, dans ia Galerie du Palais :
Mais on ne parle plus qu'on fasse des romans,
n'est vraie sans doute que d'une saison. De 1629 à 1637, le Polexandre s'achève, bientôt suivi par la Cythérée du même auteur. Desmarests publie, en