T. I, p. 110, 111 ; t. II, p. 1105, U
moins de dix ans, son Ariane, son Aspasie et la première partie de sa Rosane. Un peu plus tard, Ibrahim ^ Cassandre, Cléopâtre, Ariamène ne manqueront pas, comme on sait, de lecteurs.
Le genre pastoral, que Sorel avait spécialement visé, ne perd rien, tant s'en faut, de sa faveur. L'on imprime en 1630 quatre tragi-comédies pastorales, trois en 1631, sept en 1632, cinq en 1633, sept en 1634. Lorsque cette forme de spectacle passera de mode, ce ne sera pas parce que la campagne de Sorel aura enfin porté des fruits, c'est parce qu'on se sera lassé de la monotonie de ses procédés, et même alors l'opéra naissant en recueillera la matière ^.
Si les romans de bergers deviennent assez rares, c'est que la perfection de VAsirée^ de plus en plus appréciée, décourage les imitations. Les jeunes générations en feront encore longtemps leurs délices : savoir « un mot des livres de VAsirée ^ » sera toujours un très bon moyen de plaire. En 1664, dans sa Bibliothèque française, Sorel, lui-même, plus qu'à moitié converti, reconnaîtra que ce « très exquis » ouvrage « est lu encore partout ^ ». A peu près à la même date, Mlle de Montpensier, la Grande Mademoiselle, se consolera de n'avoir pas trouvé dans la vie ce qu'elle attendait en formant d'après VAstrée un plan d'existence pastorale: «Comme les personnes du monde se déguisent à présent,... je voudrais qu'on allât garder les troupeaux de moutons dans nos belles prairies, qu'on eût des houlettes et des capelines, qu'on dînât sur l'herbe verte de mets rustiques et convenables aux bergers, et qu'on imitât quelquefois ce qu'on a lu dans VAstrée, sans
1. Cf. J. Marsan, la Paslorale dramatique en France^ p. 425 et suiv.